En 2025, une situation inhabituelle a été observée concernant le Livret A : pour la première fois depuis 2015, les épargnants ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé.
Ce phénomène, qualifié de « décollecte nette », a été confirmé par la Caisse des dépôts (CDC) ce jeudi 22 janvier. Les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros au cours de l’année écoulée, malgré un mois de décembre relativement favorable. Le Livret A, qui reste l’un des produits d’épargne les plus populaires en France, est détenu par environ 57 millions d’épargnants et représente un total d’environ 450 milliards d’euros.

Cependant, après plusieurs années de dépôts importants, l’attrait de ce produit a diminué, principalement en raison des baisses successives de son taux de rémunération. En février 2025, le taux est passé de 3 % à 2,4 %, puis à 1,7 % en août, ce qui a impacté son attractivité.
La concurrence de l’assurance vie et autres placements a contribué à la décollecte du Livret A
Les produits concurrents, notamment l’assurance vie, ont contribué à cette tendance. En 2025, les fonds euros de l’assurance vie affichaient un rendement moyen de 2,65 %, bien qu’ils soient soumis à des prélèvements sociaux et fiscaux pouvant atteindre 30 %, contrairement au Livret A, qui est totalement exonéré de fiscalité. Cette différence de rendement a joué un rôle dans la décollecte observée sur les livrets A.
En outre, la politique de promotion des produits d’épargne plus risqués, destinés au financement des entreprises, a également détourné les épargnants du Livret A. De plus, les efforts pour accroître la transparence de l’utilisation des fonds du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) n’ont pas permis de renforcer la confiance des épargnants dans ces produits.
Impact sur le Livret de développement durable et solidaire (LDDS)
Le LDDS, bien qu’il ait connu une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros en 2025, reste moins performant que le Livret A. Fin décembre, les deux produits (Livret A et LDDS) totalisaient un montant combiné de 615,2 milliards d’euros. Cependant, les résultats des autres produits d’épargne, comme le Livret d’épargne populaire (LEP), ont montré une décollecte nette de 840 millions d’euros, principalement en raison de la radiation des titulaires non éligibles, à la suite de l’augmentation de leurs revenus.
Les autorités mettent en avant un besoin accru d’information pour sensibiliser les Français aux avantages de ces produits d’épargne, notamment le LEP, qui reste sous-utilisé par rapport au nombre d’éligibles. En dépit de la baisse continue des rendements, les Français continuent d’épargner de manière importante, ce qui montre une grande prudence face à l’incertitude économique.








