L’inflation a enregistré une progression de 0,9 % en juin sur un an, selon l’estimation provisoire publiée par l’Insee le 27 juin. Après plusieurs mois de ralentissement, cette hausse, bien que modérée, marque une inversion de tendance. Elle s’explique principalement par une accélération des prix des services, une baisse moins marquée des prix de l’énergie, ainsi qu’une légère augmentation de ceux des produits alimentaires.
Depuis le pic inflationniste de 2022 et 2023, les ménages français avaient observé une détente progressive des prix. En mai, l’inflation s’était établie à 0,7 % sur un an, son niveau le plus bas depuis deux ans. La remontée de juin reste inférieure à 1 %, mais elle intervient dans un contexte de vigilance accrue face aux aléas économiques mondiaux, aux tensions sur certaines matières premières et aux incertitudes liées à la conjoncture intérieure.
L’énergie, qui avait fortement contribué à la désinflation ces derniers mois, voit ses prix reculer plus faiblement en juin. Ce ralentissement de la baisse des tarifs énergétiques pèse à la hausse sur l’indice global. L’alimentation, de son côté, enregistre une timide augmentation après une période de stabilité, tandis que les services voient leurs prix accélérer, en particulier dans les secteurs du tourisme et des transports.
Des composantes contrastées dans un contexte incertain impactent l’inflation
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons au niveau européen, affiche une hausse annuelle de 1 %, contre 0,8 % en mai. Ce chiffre reste inférieur à la cible de 2 % fixée par la Banque centrale européenne, mais il rappelle que les pressions inflationnistes ne sont pas totalement écartées.
L’évolution des prix des services, qui pèsent pour près de la moitié dans l’indice général, joue un rôle central dans cette légère reprise. L’Insee observe notamment une hausse des prix dans l’hôtellerie-restauration et les activités de loisirs. Ces hausses pourraient être liées à une anticipation de la demande estivale et à des ajustements salariaux répercutés sur les prix finaux.
Dans le même temps, la consommation des ménages reste sous surveillance. Les arbitrages budgétaires restent contraints, malgré une progression modérée des salaires réels et un reflux partiel de l’inflation globale. La question de la stabilité des prix pour le second semestre reste ouverte, notamment en fonction de l’évolution du cours du pétrole, des tensions géopolitiques et des décisions de politique monétaire.
Ce regain de vigilance sur l’évolution des prix souligne les incertitudes persistantes. Même si la situation reste éloignée des niveaux critiques observés récemment, la dynamique des prix reste sensible à de nombreux facteurs externes et internes, rendant toute prévision à moyen terme délicate.








