Livret d’épargne populaire (LEP) : vers une chute à moins de 1% cet été ?

Le taux du Livret d’épargne populaire (LEP) va fortement baisser cet été, affectant de nombreux épargnants modestes.

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LLivret d'Épargne Populaire (LEP) : pourquoi ce produit plus rentable reste ignoré par les Français ? Crédit : Stock adobe | Econostrum.info

Le Livret d’épargne populaire (LEP), refuge privilégié des foyers modestes, s’apprête à subir une chute importante de son taux d’intérêt dès le 1er août 2025, conséquence directe d’une inflation exceptionnellement basse qui impacte lourdement le rendement de ce placement très prisé par plus de 12 millions de Français.

Selon les données provisoires publiées par l’Insee le 27 mai 2025, l’inflation annuelle s’établit à seulement 0,7 % en mai, après avoir fluctué autour de ce niveau depuis le début de l’année (0,8 % en avril, 0,7 % en mars et février, 1,6 % en janvier). Cette faible inflation se traduit par une moyenne provisoire de 0,9 % sur les six premiers mois de l’année.

Le taux du LEP est calculé à partir de cette moyenne de l’inflation hors tabac sur une période de six mois. Si l’inflation de juin confirme cette tendance, le taux théorique du LEP tomberait à moins de 1 % au 1er août, contre 3,5 % actuellement. Cela représenterait une division par trois du rendement, un recul important pour les épargnants qui utilisent ce livret comme un complément de revenus ou un refuge sûr pour leur épargne.

Un plancher légal à 2,2 % grâce au Livret A

Toutefois, cette chute brutale ne sera pas effective dans les faits, grâce à une règle imposée par un arrêté de janvier 2021. Le taux du LEP ne peut, en effet, jamais être inférieur à celui du Livret A majoré de 0,5 point. Or, le Livret A lui-même devrait voir son taux baisser, passant de 2,4 % actuellement à environ 1,7 % au 1er août.

Cette limitation impose donc un taux plancher pour le LEP à 2,2 %, évitant ainsi une baisse trop brutale du rendement. Ce taux serait toutefois le plus bas jamais enregistré depuis plusieurs années, signalant une érosion continue du pouvoir d’achat des livrets d’épargne réglementée.

Une marge de manœuvre politique pour limiter la baisse du LEP

Au-delà des calculs mathématiques, le gouverneur de la Banque de France et le ministre de l’Économie disposent d’une marge de manœuvre pour déroger à la formule de calcul du taux du LEP. Ils peuvent décider de maintenir un taux plus élevé que le plancher légal, comme ce fut le cas lors des quatre dernières révisions, notamment en février 2025 où le LEP avait été maintenu à 3,5 % alors que la moyenne d’inflation imposait un taux autour de 2,9 %.

Cette mesure vise à protéger les ménages modestes, qui représentent l’essentiel des titulaires du LEP, d’une baisse trop rapide des revenus tirés de leur épargne. Le contexte économique actuel, marqué par une faible inflation et une reprise économique hésitante, rend cette protection particulièrement nécessaire.

Un produit en recul mais toujours indispensable

Malgré ces ajustements, le LEP a connu une tendance à la baisse des dépôts ces derniers mois, avec une sortie nette de 1,37 milliard d’euros sur les quatre premiers mois de l’année 2025. Cette évolution s’explique notamment par l’érosion progressive des taux d’intérêt, qui réduit l’attractivité du produit.

Néanmoins, le LEP reste une solution d’épargne privilégiée pour les foyers à revenus modestes, bénéficiant d’avantages fiscaux et d’une rémunération supérieure aux autres livrets réglementés dans la majorité des cas. Le maintien d’un taux plancher et l’intervention des autorités pour limiter les baisses montrent que ce produit conserve une place importante dans le paysage financier français.

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