Le projet SCAF en danger : l’ex-patron d’Airbus dévoile les risques de l’alliance entre Paris et Berlin

Tom Enders, ex-PDG d’Airbus, critique l’alliance franco-allemande pour le programme SCAF, la jugeant coûteuse et inefficace à long terme.

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Le projet SCAF en danger : l’ex-patron d’Airbus dévoile les risques de l’alliance entre Paris et Berlin. Crédit : SIPA | Econostrum.info

L’ex-PDG d’Airbus, Tom Enders, a récemment exprimé de vives critiques à l’égard de l’alliance entre la France et l’Allemagne pour le développement de l’avion de combat SCAF. Selon lui, cette coopération pourrait s’avérer coûteuse et inefficace à long terme, et il propose une autre solution stratégique.

Tom Enders, ancien directeur d’Airbus, affirme que la décision prise en 2017 par le gouvernement allemand de s’associer à la France pour le développement du SCAF a été largement influencée par des considérations politiques liées au Brexit. Selon lui, cette décision a été prise sous le coup de la déception face à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ce qui a poussé l’Allemagne à chercher un partenaire européen dans l’urgence.

Cependant, cette alliance avec la France, qui semblait au départ une opportunité de renforcer la coopération militaire européenne, pourrait se révéler contre-productive, selon Enders. Il pointe les divergences industrielles et les tensions politiques comme des obstacles à une collaboration efficace à long terme, rapporte BFMTV.

Les coûts du développement d’un projet national

Enders va plus loin en affirmant qu’un projet d’avion de combat 100 % allemand ne serait pas viable. Il évoque des coûts astronomiques de développement qui, selon lui, s’élèveraient à plusieurs centaines de milliards d’euros, un investissement difficilement justifiable au regard du délai de mise en service prévu pour la fin des années 2040. De plus, il considère qu’un tel projet, même s’il permettait à l’Allemagne de conserver une certaine autonomie, serait trop coûteux et trop long pour renforcer réellement les capacités de la Luftwaffe à court et moyen terme.

La solution : une alliance avec le Royaume-Uni ou Saab

Pour éviter ces pièges financiers et stratégiques, Enders plaide en faveur d’une coopération avec le Royaume-Uni ou le constructeur suédois Saab. Selon lui, ces partenariats pourraient permettre à l’Allemagne de bénéficier de technologies avancées tout en minimisant les coûts. Le Royaume-Uni, bien que n’étant plus membre de l’UE, possède une expertise précieuse dans le domaine de l’aviation militaire, tandis que Saab offre une alternative européenne solide avec son projet Gripen.

Un programme SCAF sous pression

Le projet SCAF est actuellement au cœur de tensions, notamment en raison de divergences industrielles et politiques entre les partenaires. Le gouvernement allemand, par la voix du chancelier Friedrich Merz, a exprimé des doutes quant à la viabilité du programme. La situation incite à la réflexion sur l’avenir de la coopération européenne en matière de défense, alors que les défis géopolitiques mondiaux exigent une rapidité et une efficacité accrues dans le développement de nouveaux équipements militaires.

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