« Un bras cassé à 70 000 € » : pourquoi l’illusion de services publics « gratuits » pourrait bientôt disparaître

L’Institut Montaigne propose de repenser la gestion des services publics en rendant les coûts réels visibles pour les citoyens, afin de mieux les responsabiliser.

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Le coût caché des services publics : l’Institut Montaigne propose un grand changement. Crédit : Maxppp | Econostrum.info

L’Institut Montaigne plaide pour un changement radical dans la façon dont les citoyens perçoivent les services publics. Dans un rapport, il insiste sur la nécessité de rendre les coûts réels des soins et des transports visibles. Une prise de conscience collective est essentielle pour responsabiliser chacun face à l’impact des dépenses publiques.

L’un des points les plus frappants du rapport de l’Institut Montaigne est l’exemple du coût des soins médicaux. Par exemple, une simple fracture, qu’il s’agisse d’un bras ou d’une jambe cassée, représente un coût de 60 000 à 70 000 euros pour le système de santé, un montant largement ignoré par les patients. En effet, sous le système actuel, les patients bénéficient de soins qui paraissent « quasi gratuits », principalement grâce à la prise en charge par la Sécurité Sociale et les mutuelles. Cependant, ce modèle crée une illusion de gratuité qui masque les véritables coûts pour la société.

L’Institut plaide donc pour un changement de perspective : plutôt que de laisser les citoyens dans l’ignorance des coûts, il est nécessaire de rendre visibles ces montants sur les ordonnances, les relevés de soins, et les titres de transports. Cette transparence permettrait de mieux comprendre les véritables dépenses publiques et d’adopter un comportement plus responsable vis-à-vis de l’utilisation de ces services.

Clarification des responsabilités : vers une meilleure gestion des fonds publics

L’Institut Montaigne propose également de clarifier les rôles et les responsabilités des différents acteurs publics. Le rapport critique l’enchevêtrement des compétences entre l’État et les collectivités territoriales, qui crée une confusion et une inefficacité croissante. Cette opacité nourrit la méfiance des citoyens et rend difficile la gestion optimale des fonds publics. En supprimant les financements croisés et en clarifiant qui fait quoi, l’Institut estime qu’une gestion plus rationnelle et plus transparente des finances publiques serait possible.

En outre, l’Institut suggère que certaines missions de l’État pourraient être mieux gérées par des acteurs privés. Il cite en exemple certaines fonctions au sein de France Travail, qui pourraient être externalisées à des entreprises privées afin d’améliorer l’efficacité du service public tout en réduisant les coûts pour les contribuables, rapporte BFM.

Responsabilisation et culture des résultats dans la sphère publique

L’Institut Montaigne va plus loin en proposant une révision de la culture managériale dans le secteur public. Selon le rapport, une « culture de résultats » doit être instaurée pour responsabiliser les fonctionnaires et éviter une gestion laxiste. Le principe de la responsabilité devrait inclure une plus grande rigueur dans l’évaluation des performances des agents publics. Les sanctions pour manquement, défaut ou insuffisance professionnelle devraient être confiées directement aux supérieurs hiérarchiques, afin de renforcer la responsabilité individuelle et collective dans la gestion des services publics.

Un appel à la réforme pour un avenir plus responsable

Ce rapport de l’Institut Montaigne s’inscrit dans un contexte où la gestion des finances publiques est de plus en plus scrutée, à la fois par les citoyens et les institutions européennes. À l’approche des prochaines élections, la question de la responsabilité doit devenir un enjeu central dans le débat politique. Responsabiliser les citoyens et les fonctionnaires, rendre transparents les coûts des services publics et repenser le modèle de gestion des fonds publics pourrait être une voie pour améliorer l’efficacité de l’État tout en répondant aux exigences économiques du pays.

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