Présence de larves et d’insectes dans les paquets de pâtes : 20 000 euros d’amende requise contre Panzani

Panzani jugé à Lyon pour des pâtes infestées de mites. Le parquet requiert 20 000 euros d’amende pour tromperie sur la marchandise.

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Un rayon de magasin avec des pâtes Panzani
Présence de larves et d'insectes dans les paquets de pâtes : 20 000 euros d'amende requise contre Panzani | Econostrum.info

Le fabricant de pâtes Panzani a comparu devant le tribunal correctionnel de Lyon le 21 février 2025 pour « tromperie sur la qualité substantielle d’une marchandise ». L’entreprise est accusée d’avoir commercialisé entre mai et décembre 2022 des paquets de pâtes contaminés par des mites alimentaires et des larves, sans prendre les mesures nécessaires pour alerter les consommateurs et retirer les produits en rayon.

Selon la Direction départementale de la protection des populations, « la société avait connaissance du problème et n’a pas pris les mesures de désinsectisation, traitement des entrepôts, retrait des sachets des linéaires et information au grand public ». Au total, 140 réclamations ont été enregistrées, certaines émanant de collectivités ayant utilisé ces produits. Plusieurs clients affirment avoir consommé des pâtes sans savoir qu’elles contenaient des insectes, tandis que d’autres ont dû traiter leur domicile après une infestation de mites.

Un rappel de produits jugé insuffisant

À la barre, une représentante de Panzani a reconnu l’infestation tout en assurant que l’entreprise avait « mis en place toutes les mesures conformes à la réglementation ». Elle a affirmé :  « nous avons même fait preuve de transparence en communiquant dès septembre 2022 sur la situation et la réalité de la pression insecte qui était un phénomène inédit en cette année très chaude ».

Les juges se sont interrogés sur le fait que certains lots contaminés aient été expédiés malgré ces mesures. L’entreprise a répondu selon les comptes rendus de plusieurs organes de presse que « les lots livrés après inspection étaient conformes ». Le procureur a contesté cette affirmation en déclarant : « Comment considérer que la livraison est conforme alors que les entrepôts sont infestés ? Vous dites que vous détruisez les lots quand ils sont infestés, mais au final vous livrez et vous ne rappelez pas les produits ».

La marque s’est défendue en affirmant que l’infestation avait pu avoir lieu chez les grossistes ou dans les supermarchés après l’expédition. « On trouve des mites au début et des vers à la fin mais il n’y a pas de lien entre les deux. C’est aux papillons que l’on aurait dû envoyer l’assignation alors », a ironisé le procureur.

Une amende de 20 000 euros requise contre Panzani

Le parquet a requis une amende de 20 000 euros contre l’entreprise et 4 000 euros contre sa responsable qualité, estimant que Panzani avait volontairement limité sa communication pour « ne pas entacher son image de marque » et éviter un rappel massif qui aurait coûté près de 500 000 euros.

L’avocat de la défense a qualifié ces accusations « d’infamie » et a contesté la méthodologie du rapport de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), affirmant qu’il était biaisé pour « faire croire que Panzani a fait des économies de coût ». Il a également rappelé que l’entreprise avait déjà procédé à trois rappels produits en trois ans lorsque cela s’était avéré nécessaire. Le tribunal rendra son verdict le 27 mars prochain.

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