À partir de ce 1ᵉʳ avril 2025, la réforme des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie entre en vigueur en France. Cette réduction de 20 % des indemnités concerne principalement les salariés du secteur privé et pourrait entraîner une perte significative de revenus pour ceux touchant plus de 1,4 SMIC, soit environ 2 522 euros brut par mois.
L’objectif affiché par le gouvernement est de réaliser des économies d’environ 600 millions d’euros par an. La baisse des indemnités se justifie par la volonté de limiter les dépenses de l’Assurance Maladie, dont les charges ont considérablement augmenté ces dernières années. En effet, les dépenses liées aux indemnités journalières ont doublé en sept ans, atteignant 17 milliards d’euros en 2024. Cette augmentation est due à la fois au vieillissement de la population active et à l’allongement de la durée des arrêts de travail.
Concrètement, pour les salariés concernés, l’indemnité journalière passera de 52 euros à 41 euros, soit une réduction d’environ 11 euros par jour d’arrêt. Pour un salarié dont le salaire brut est de 2 882 euros (soit environ 1,6 SMIC), cette réduction pourrait entraîner une perte mensuelle de 177 euros en cas d’arrêt maladie d’un mois. Ceux dont le salaire atteint 3 243 euros (soit environ 1,8 SMIC) pourraient perdre jusqu’à 355 euros sur un mois d’arrêt.
Quels sont les salariés les plus impactés par la réforme des arrêts maladie
Les salariés les plus impactés par cette réforme sont ceux dont les revenus se situent entre 1,4 et 1,8 SMIC, soit des salariés aux revenus intermédiaires. Pour compenser cette baisse, certaines entreprises et mutuelles pourraient prendre en charge une partie de la différence via des régimes de prévoyance. Les cadres, par exemple, bénéficient d’une couverture obligatoire à hauteur de 85 à 90 % pour les non-cadres. Cependant, cette couverture pourrait entraîner une augmentation des cotisations de mutuelle, de l’ordre de 2 % par an, répercutant ainsi le coût supplémentaire sur les employés et les entreprises.
Cette réforme des indemnités maladie ne se limite pas au secteur privé. Depuis le 1ᵉʳ mars, la fonction publique a déjà procédé à des ajustements similaires. Les fonctionnaires et contractuels voient désormais leurs indemnités réduites à 90 % de leur salaire pendant les trois premiers mois d’arrêt, contre 100 % auparavant. Seuls les assistants maternels et familiaux, employés par des collectivités territoriales, échappent à cette mesure.
Face à ces changements, les employeurs et les mutuelles devront ajuster leurs politiques pour tenter de compenser cette baisse d’indemnisation. Cependant, l’ampleur de cette compensation dépendra de l’efficacité des régimes de prévoyance existants et de la capacité des salariés à accéder à une couverture complémentaire suffisante.
Ce mouvement de réformes suscite des inquiétudes, notamment pour les salariés dont les salaires sont proches du plafond de 1,4 SMIC, pour lesquels la perte de revenu pourrait s’avérer significative. À terme, la question se pose de savoir dans quelle mesure ces ajustements contribueront réellement à la maîtrise des dépenses publiques sans pénaliser trop lourdement les travailleurs les plus vulnérables.