La Niña est désormais installée et devrait influencer une partie de l’hiver dans l’hémisphère nord. Si l’épisode s’annonce faible et de courte durée, les climatologues confirment qu’il aura tout de même un impact sur les conditions hivernales, notamment en Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, en Europe.
La Niña est l’une des phases du cycle ENSO (El Niño–Southern Oscillation), alternant réchauffement et refroidissement des eaux du Pacifique équatorial. Lors d’un épisode La Niña, la température de surface de l’océan dans la zone Niño 3.4 descend en dessous de la normale, modifiant la circulation atmosphérique à l’échelle mondiale. Ce refroidissement influence les régimes de vents, les précipitations et la position des jets streams, ce qui peut profondément modifier la météo saisonnière.
Traditionnellement, La Niña favorise un hiver plus froid et plus neigeux dans le nord des États-Unis et du Canada, tandis que le sud du pays devient plus sec. En Australie, cette phase augmente le risque de fortes pluies et d’inondations. L’Indonésie, l’Afrique du Sud et certaines régions du nord de l’Amérique du Sud connaissent également un excès de précipitations. À l’inverse, une partie de l’Afrique, de l’Asie de l’Est et du sud des États-Unis peut subir une sécheresse marquée.
À l’échelle mondiale, La Niña a tendance à ralentir légèrement la hausse des températures, mais l’effet est faible lorsque l’épisode est de courte durée.
Un épisode faible mais influent cet hiver
Les centres de prévision, dont la NOAA et les modèles internationaux multi-modèles, confirment que La Niña va se maintenir durant la période décembre–février 2025-2026. Sa probabilité est estimée autour de 50 %, contre 48 % pour un retour à un état neutre. Les météorologues s’accordent toutefois sur deux points : l’épisode restera faible et bref, avec une transition probable vers un ENSO neutre entre janvier et mars 2026.
Sa faiblesse limite la prévisibilité de ses effets, mais certains signaux se dessinent déjà. En Amérique du Nord, un scénario classique semble se mettre en place : froid plus marqué dans le nord-est des États-Unis et du Canada, neige plus fréquente vers les Grands Lacs et les Rocheuses, tandis que le sud du pays pourrait connaître un hiver plus sec que la normale. L’arctique blast récent observé sur l’est du continent pourrait d’ailleurs être lié à ce début de La Niña.
L’impact de La Niña en France cet hiver
En Europe et en France, les conséquences sont beaucoup moins nettes. La Niña n’a pas d’influence directe sur le continent, mais peut affecter, de manière indirecte, la position du jet stream. De manière générale, ce phénomène est associé à des débuts d’hiver plus secs et parfois plus froids en novembre et décembre. Pour l’instant, les modèles ne montrent pas de signal convaincant d’un froid marqué sur la France en décembre, après un mois de novembre anormalement doux. L’hiver pourrait donc se caractériser par une alternance de phases humides et plus anticycloniques, sans tendance franche.
À l’échelle mondiale, l’impact de cette La Niña sera sans doute limité en raison de sa brièveté. L’Australie pourrait connaître quelques épisodes pluvieux intenses, tandis que certaines zones d’Afrique et d’Amérique du Sud pourraient subir des anomalies de précipitations, mais dans des proportions modérées comparées aux grandes Niña du passé.

Évolution de l’indice Niño 3.4 de juin 2025 à mai 2026 : La ligne noire montre les données passées, la verte la moyenne des prévisions multi‑modèles (gris). L’indice reste dans la zone La Niña jusqu’en décembre 2025 avant de tendre vers des conditions neutres début 2026. Crédit : Australian Bureau of Meteorology / Commonwealth of Australia, 2025








