Aujourd’hui en France, la majorité des adolescents au collège sont sur les réseaux sociaux et possèdent au moins un compte TikTok. Une situation alarmante pour la ministre déléguée chargée du numérique, Clara Chappaz, qui souhaite restreindre l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
En théorie, il n’est pas permis à une personne de moins de 13 ans d’utiliser les réseaux sociaux, selon les conditions générales d’utilisation. Pour s’inscrire à Snapchat, Instagram ou encore TikTok, il est nécessaire d’être âgé de plus de 13 ans. Cependant, de nombreux adolescents mentent sur leur âge pour y accéder. Comme l’indique Clara Chappaz à La Tribune Dimanche, 3 enfants de moins de 13 ans sur 4 ont déjà accès aux réseaux sociaux. Elle déclare également que les adolescents passent en moyenne 4 heures par jour sur ces réseaux.
Clara Chappaz présente l’opération « Dix jours sans écrans »
Par conséquent, la ministre déléguée s’inquiète de l’influence que peuvent avoir ces plateformes sur les jeunes. « Je refuse que les algorithmes élèvent nos enfants, qu’ils leur dictent ce qu’ils doivent voir, ressentir, à quoi ils doivent ressembler », a-t-elle déclaré lors de l’interview.
À cet effet, elle lance l’opération « Dix jours sans écrans », qui consiste à inciter les jeunes de moins de 15 ans à réduire leur temps passé sur les réseaux sociaux. Comme l’explique la ministre, il s’agit d’« une expérience collective, simple, lancée par l’association du même nom, qui invite les enfants, les parents, les écoles, les associations à débrancher ensemble. Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais de prendre du recul pour mieux comprendre l’impact du numérique sur nos vies. »
Le gouvernement souhaite obliger les réseaux sociaux à vérifier l’âge des utilisateurs
De son côté, le gouvernement s’accorde un délai de trois mois pour entrer en concertation avec les partenaires européens et aboutir à un accord à propos de l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Concrètement, il sera question d’obliger les réseaux sociaux à effectuer une vérification stricte de l’âge des utilisateurs, sous peine de sanctions. « Si nous n’arrivons pas à aboutir d’ici à la rentrée, la France prendra ses responsabilités. À défaut d’accord européen, c’est en France qu’il faudra agir », explique Clara Chappaz à la Tribune Dimanche.
L’Arcom (ex-CSA) a entrepris depuis deux mois déjà la vérification du respect des limites d’âge. L’autorité a procédé au blocage de tous les sites qui ne respectaient pas la législation française, notamment certains sites pornographiques qui permettaient l’accès aux moins de 18 ans.
Rappelons que de nombreux pays appliquent déjà des restrictions d’âge sur les réseaux sociaux. Parmi eux, l’Espagne, qui interdit aux moins de 16 ans de se connecter à ces plateformes depuis 2024.








