Interdiction de fumer sur les plages : des maires refusent d’appliquer la mesure

Depuis le 1er juillet 2025, il est interdit de fumer sur les plages. Toutefois, dans l’incapacité d’appliquer cette mesure, certains maires la refuse.

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Interdiction de fumer sur les plages : des maires refusent d'appliquer la mesure. Crédit : Canva | Econostrum.info

Depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, l’interdiction de fumer a été élargie à de nouveaux espaces publics, incluant les plages, les écoles et les parcs. Cette mesure a été mise en place dans un effort pour protéger la santé publique, notamment en réduisant l’exposition au tabac dans les zones fréquentées par les enfants.

Bien que l’initiative d’interdiction de fumer sur les plages vise à améliorer la santé des citoyens, de nombreux élus locaux, notamment sur le littoral, se disent incapables de faire appliquer cette loi, en raison de la pénurie de moyens et de ressources. Les plages, lieux emblématiques des vacances estivales, sont désormais sous la surveillance des autorités locales pour éviter que les fumeurs ne les transforment en foyers de pollution.

Mais la réalité sur le terrain semble rendre cette interdiction difficile à appliquer. « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître », justifiait Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, lors de l’annonce de la mesure en mai. Toutefois, les élus des zones littorales soulignent les défis logistiques et financiers pour appliquer cette loi.

Les villes de bord de mer, comme la commune de Névez dans le Finistère, sont confrontées à une situation particulière. Le maire, Dominique Guillou, fait remarquer que la population de sa commune passe de 2 700 habitants en hiver à 20 000 en été, et cela, avec le même nombre de policiers municipaux, soit seulement deux agents.

« Ce n’est pas possible. Ça ferait un coût de 70 000 euros si je devais embaucher deux personnes supplémentaires. C’est 70 000 euros que je ne pourrais pas rebasculer au niveau investissement », explique le maire, qui se dit dans l’incapacité de contrôler systématiquement cette nouvelle réglementation.

L’interdiction de fumer sur les plages, une mesure difficile à faire appliquer face au manque de moyens

Le problème est récurrent dans de nombreuses autres communes côtières. Robert Crauste, médecin et maire du Grau-du-Roi, dans le Gard, a installé une plage sans tabac dès 2019, mais il estime que l’extension de cette interdiction  de fumer sur l’ensemble des plages françaises est « un peu excessive ». « Nous avons 18 kilomètres de plages. Nous ne pouvons pas envoyer nos policiers municipaux, qui répondent déjà à leurs tâches, pour contrôler si les gens fument. On compte sur l’adhésion à la mesure », déclare-t-il, soulignant le manque de moyens humains et financiers pour gérer cette interdiction à grande échelle.

L’Association des Maires de France (AMF) a rapidement exprimé ses réserves sur cette loi. Murielle Fabre, secrétaire générale de l’AMF, a expliqué que bien que l’objectif de la mesure soit soutenu, il faut que la responsabilité du contrôle incombe à l’État. L’AMF souhaite éviter que les communes ne soient sollicitées pour appliquer une loi sans financement adéquat, ce qui reviendrait à transférer une charge implicite sur les collectivités locales.

Avec 75 000 décès annuels en France dus au tabac, la mesure vise à réduire cette première cause de mortalité évitable. Cependant, la mise en œuvre d’une interdiction généralisée des espaces sans tabac semble rencontrer des obstacles pratiques considérables, particulièrement dans les communes où les moyens sont déjà limités.

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