Après deux années de hausses spectaculaires, les Français espéraient enfin un répit dans leurs dépenses alimentaires. Mais à la surprise de nombreux ménages, l’inflation refait discrètement surface dans les rayons, réveillant les tensions sur le ticket de caisse.
Selon les relevés de l’UFC-Que Choisir, le panier type de 20 produits alimentaires de marques nationales, comprenant des références comme Nutella, Cristaline, ou encore coquillettes Panzani, coûte aujourd’hui 78,65 euros, contre 76,79 euros en janvier dernier. Une augmentation de près de 2 euros, répartie sur l’ensemble des enseignes de la grande distribution, y compris les plus agressives sur les prix comme Leclerc, Auchan ou Carrefour.
Certes, cette hausse reste modérée comparée aux niveaux atteints entre 2022 et 2024, mais elle marque une inflexion claire après plusieurs mois de calme. Les étiquettes augmentent à nouveau, souvent de quelques centimes, mais sur un nombre croissant de produits.
Un contexte commercial tendu qui touche l’inflation
L’un des leviers de cette reprise de l’inflation se trouve dans les négociations commerciales entre industriels et distributeurs, qui ont connu en début d’année un climat particulièrement tendu. Les grandes marques ont fait pression pour relever leurs tarifs, s’appuyant sur les coûts des matières premières. En parallèle, les enseignes ont tenté de limiter les hausses pour relancer la consommation, sans grand succès.
Selon Grégory Caret, directeur de l’observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir, la légère remontée actuelle s’apparente à un rattrapage tarifaire, permis par un retour relatif à la normale dans les chaînes d’approvisionnement et une demande qui se maintient.
Le poids des matières premières
Le cours du sucre, du beurre ou encore du cacao est en très forte hausse. Le prix de la tonne de beurre a presque doublé en un an. Le cacao, quant à lui, a été multiplié par cinq en deux ans. Résultat : les barres chocolatées Kinder ont augmenté de 11,5 % sur un an, et le pot de Nutella de 12,2 %.
Même les produits de consommation courante, comme les pains au lait (+4,3 %) ou les biscuits LU (+15,1 %), ne sont pas épargnés. Cette inflation est d’autant plus marquée dans les rayons de l’épicerie sucrée, plus exposés aux fluctuations des marchés mondiaux.
Autre facteur aggravant : la hausse de la taxe sur les boissons sucrées, qui pèse lourdement sur les tarifs de certaines références emblématiques. Le Coca-Cola, par exemple, voit son prix bondir de 19 %, une conséquence directe du renforcement de la taxe soda dans le cadre du budget de la Sécurité sociale 2025.
Une pression sur les ménages et les distributeurs
La reprise de cette inflation, même mesurée, intervient alors que de nombreux foyers restent fragilisés par les chocs économiques précédents. Si la hausse actuelle ne retrouve pas les niveaux extrêmes des années passées, elle risque néanmoins de peser sur les arbitrages de consommation des ménages.
Les enseignes, de leur côté, tentent de préserver leur image prix. Mais selon UFC-Que Choisir, l’écart entre les distributeurs se réduit, rendant les écarts de compétitivité moins perceptibles pour les clients. Là où l’écart de prix atteignait 6 euros entre Leclerc et Carrefour il y a encore un an et demi, il n’est plus que de 3 euros aujourd’hui.
Reste à voir si cette reprise des prix s’inscrira dans la durée ou si les distributeurs décideront de contenir à nouveau les tarifs pour préserver la consommation en période estivale. Pour l’heure, la vigilance reste de mise pour les ménages qui surveillent leur pouvoir d’achat au plus près.








