Industrie de l’armement : pourquoi la France n’est-elle pas encore prête à l’économie de guerre ?

Malgré des investissements massifs, l’industrie de l’armement française peine à répondre aux exigences d’une véritable économie de guerre.

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Économie de guerre
Industrie de l'armement : Pourquoi la France n'est-elle pas encore prête à l'économie de guerre ? Crédit : KARIM SAHIB / AFP | Econostrum.info

Depuis l’appel lancé par Emmanuel Macron en 2022, la France s’est lancée dans une dynamique de renforcement de sa défense, qualifiée d’« économie de guerre ».

Cependant, près de quatre ans après, la mise en œuvre de cette stratégie demeure partiellement réalisée. Malgré un plan ambitieux qui prévoit plus de 400 milliards d’euros pour moderniser et développer les capacités militaires, les industriels de l’armement français rencontrent encore des difficultés pour suivre le rythme. Le président Emmanuel Macron a lancé le concept d’économie de guerre en juin 2022, soulignant la nécessité de renforcer les capacités de production des industries de défense dans un contexte géopolitique instable.

À travers la Loi de programmation militaire (LPM), une première enveloppe de 295 milliards d’euros a été consacrée à la défense de 2019 à 2025. Avec la guerre en Ukraine, la LPM 2024-2030 a doublé cet investissement, atteignant plus de 413 milliards d’euros. Ces sommes conséquentes visent à accélérer la production d’équipements militaires, mais les industriels peinent à augmenter la cadence de production de manière suffisante.

Malgré les efforts notables des industriels de défense la France n’a pas encore atteint le niveau pour une économie de guerre

Les grands industriels, tels que KNDS, ont augmenté leur production de manière significative. Le fabricant du canon Caesar a triplé sa production, passant de deux canons par mois à six et prévoit de produire douze unités par mois d’ici fin 2024. Eurenco a également relocalisé sa production et prévoit de doubler sa capacité de production de charges modulaires pour atteindre 500 000 unités annuelles d’ici 2026. MBDA, leader européen des missiles, a multiplié par quatre sa capacité de production, investissant 2,4 milliards d’euros entre 2025 et 2029 pour améliorer ses délais de livraison.

Malgré ces efforts, Emmanuel Macron a reconnu que la France n’a pas encore atteint le niveau nécessaire pour une véritable économie de guerre. Selon lui, bien que des progrès aient été réalisés, notamment dans la montée en cadence de la production, l’industrie française de la défense ne répond pas encore pleinement aux exigences d’un conflit à grande échelle. En particulier, plusieurs obstacles demeurent, tels que le financement des PME de la défense, la difficulté à recruter des travailleurs qualifiés et la dépendance continue aux composants électroniques étrangers.

Les experts, comme ceux de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), soulignent que la France est encore dans une phase de réarmement industriel accéléré, mais pas dans une véritable économie de guerre. Les principales limitations incluent des difficultés de financement pour les petites entreprises du secteur, des problèmes de recrutement de personnel qualifié, et une forte dépendance aux composants électroniques, un point critique dans la production d’équipements modernes.

Ainsi, bien que des efforts importants aient été réalisés pour moderniser l’industrie de défense, la France reste encore loin d’une économie de guerre complète. Les industriels du secteur doivent encore surmonter des obstacles pour garantir une production rapide et suffisante face à une éventuelle escalade du conflit.

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