La question des impôts occupe le devant de la scène médiatique et politique ces derniers temps. Une enquête réalisée par le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) et publiée ce jeudi 27 novembre a révélé que 78% des Français jugent que le niveau général des impôts et cotisations sociales est trop élevé.
Cependant, en dépit de ce constat, une large majorité des sondés reste opposée à une réduction des dépenses publiques en contrepartie de la baisse des impôts. Cette étude a été réalisée par Harris Interactive/Toluna auprès de 3 055 personnes entre le 29 août et le 8 septembre 2025.
D’après l’enquête, 61% des Français estiment qu’ils paient trop d’impôts, et 66% considèrent que leurs cotisations sociales sont trop élevées. Cette perception est plus marquée chez les personnes ayant des revenus plus élevés, qui jugent souvent que la fiscalité est trop lourde. Toutefois, une majorité d’entre eux (79%) considère que le paiement des impôts et des cotisations sociales est un « acte citoyen », soulignant une acceptation du principe même de contribuer au financement des services publics. Malgré cela, 72% des sondés se disent insatisfaits de l’utilisation des fonds publics, un facteur qui affecte leur consentement à l’impôt.
L’impôt sur le revenu n’est payé que par 45% des foyers en France
Il est important de noter que l’impôt sur le revenu n’est payé que par 45% des foyers en France, tandis que la TVA est perçue par tous. Les Français semblent avoir une vision critique du système fiscal global, mais leur acceptation reste liée au principe de solidarité. Néanmoins, une partie importante de la population reste favorable à une réduction de l’impôt sans une baisse équivalente des services publics.
L’enquête met également en lumière une contradiction dans les attentes des Français : tout en étant favorables à une réduction de la fiscalité, ils ne souhaitent pas que cela soit accompagné d’une diminution des dépenses publiques. Une majorité (62%) préfère voir une réduction des autres dépenses plutôt qu’une augmentation des impôts pour financer des secteurs spécifiques comme la défense. Par exemple, dans le contexte du projet de budget de l’État pour 2026, 86% des sondés se sont opposés à un financement accru du budget de la défense par de nouveaux impôts, préférant la réduction d’autres secteurs de dépenses publiques.
La question de la fraude fiscale est également abordée dans le sondage, avec 45% des personnes interrogées estimant que la fraude fiscale n’est « jamais » justifiée, tandis que 25% trouvent l’expatriation pour réduire ses prélèvements fiscaux injustifiable. Les résultats de cette enquête témoignent d’une forte demande pour une fiscalité plus équitable, mais aussi d’une réticence à accepter des ajustements dans les services publics en réponse à une demande de réduction de la fiscalité .








