La disparition du chèque comme moyen de paiement des impôts en France progresse rapidement . Après avoir rendu ce mode de règlement obsolète pour les professionnels, l’administration fiscale prépare désormais sa suppression totale pour les particuliers.
Depuis plusieurs années, les chèques sont de moins en moins utilisés pour régler des impôts ou des amendes. Alors qu’ils représentaient une part significative des transactions fiscales au début des années 2000, aujourd’hui ils ne constituent qu’une très faible fraction des paiements effectués auprès du Trésor public. Cette forte baisse d’utilisation est l’une des principales raisons avancées par les autorités pour accélérer la fin de ce moyen de paiement.
Une transition progressive pour professionnels et particuliers
Le gouvernement a intégré cette mesure dans le cadre de l’adoption du budget 2026. Dès l’entrée en vigueur de ce texte, les entreprises et les professionnels ne pourront plus régler leurs impôts par chèque. Cette interdiction sera appliquée à partir de mars prochain, peu après l’adoption définitive du budget. Pour les particuliers, l’interdiction sera progressive dans les mois à venir, avec une suppression totale prévue à l’été 2027.
Selon les documents internes de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) consultés par plusieurs médias, cette transition s’accompagnera de la fermeture du dernier centre de traitement des chèques, situé à Rennes, à la même période. Une fois ce centre fermé, les impôts ne pourront plus être payés par chèque, puisqu’aucune structure ne sera disponible pour traiter ces paiements.
Les raisons de cette suppression sont multiples : d’un côté, le chèque est un moyen de paiement coûteux à gérer pour l’administration fiscale, avec des frais de traitement bien plus élevés que les opérations dématérialisées. De l’autre, il est également associé à un risque accru de fraudes, ce qui rend son utilisation moins attrayante dans un contexte où les autorités cherchent à sécuriser davantage les transactions.
Modernisation et défis pour les usagers
Cette réforme s’inscrit par ailleurs dans une tendance plus large vers la dématérialisation des services publics et des paiements : carte bancaire, virements et applications mobiles sont devenus les moyens privilégiés par la majorité des Français pour régler leurs impôts et autres dépenses courantes.
Pour les contribuables qui utilisent encore régulièrement leur carnet de chèques, cette évolution signifie qu’il faudra s’adapter à de nouvelles modalités de paiement. Les autorités fiscales encouragent les usagers à opter pour des modes de règlement dématérialisés, tels que le paiement en ligne via impots.gouv.fr, le prélèvement automatique ou le télépaiement SEPA. Ces solutions existent déjà et permettent de régler ses impôts rapidement et en toute sécurité.
Toutefois, cette transition suscite des préoccupations du côté des associations de défense des usagers les plus vulnérables. Certains syndicalistes et acteurs sociaux estiment que la disparition totale du chèque pourrait pénaliser les contribuables âgés ou ceux qui ont peu d’accès aux outils numériques, car ils sont encore attachés à ce moyen de paiement traditionnel. Ces voix appellent à des mesures d’accompagnement pour éviter une exclusion involontaire des personnes les plus fragiles.








