Impôts : le Medef menace d’une grande mobilisation si la fiscalité des entreprises augmente dans le budget 2026

Le président du Medef a menacé d’une grande mobilisation dans le cas où les impôts sur les entreprises augmentent dans le budget 2026.

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Impôts : le Medef menace d'une mobilisation si la fiscalité des entreprises augmente dans le budget 2026. Crédit : : AFP | Econostrum.info

La question des impôts en France cristallise des luttes entre différents courants politiques. Le président du Medef, Patrick Martin, a averti qu’une mobilisation patronale d’ampleur nationale serait organisée si le budget 2026 prévoyait une hausse des impôts pour les entreprises.

L’annonce a été formulée le 13 septembre 2025 dans une interview publiée par Le Parisien. Selon ses déclarations, les entreprises françaises ne pourraient pas absorber de nouvelles charges fiscales. Il a insisté sur la nécessité d’alléger les contraintes afin de relancer l’investissement. Patrick Martin a affirmé que de nombreux adhérents du Medef expriment une inquiétude grandissante face aux projets de mesures fiscales actuellement discutés.

Dans cette même intervention, il a déclaré que « les entreprises ne peuvent pas supporter de nouveaux impôts ou des hausses d’impôts supplémentaires » et que « si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale ». Il a précisé que cette action dépasserait le cadre du Medef et impliquerait un rassemblement massif de dirigeants d’entreprises de tailles et de secteurs variés.

Patrick Martin a expliqué que cette mobilisation ne prendrait pas la forme de manifestations dans la rue mais de grands meetings, à l’image d’expériences passées. Le but annoncé serait de démontrer un refus collectif d’être, selon ses termes, « la variable d’ajustement de politiques qui nous paraissent contraires à la bonne marche de l’économie et à l’intérêt du pays ».

Les points de désaccord autour des impôts et les positions exprimées

Patrick Martin a rappelé que les entreprises françaises figurent parmi les plus imposées des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Il a mentionné que les prélèvements supplémentaires appliqués en 2025 avaient atteint 13 milliards d’euros, alors que la promesse d’une suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises n’a pas été tenue. Selon lui, cet engagement non réalisé accentue le sentiment de déséquilibre dans la relation entre l’État et les acteurs économiques.

Le président du Medef s’est également opposé à la taxe dite « Zucman », défendue par certains responsables politiques de gauche et inspirée des travaux de l’économiste Gabriel Zucman. Cette taxe viserait les patrimoines les plus élevés en intégrant l’outil de travail dans l’assiette de calcul. Patrick Martin a affirmé que « ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risques pour les entreprises » et qu’elle pourrait contraindre certaines sociétés, notamment dans le secteur technologique, à être revendues malgré leur valorisation. Il a qualifié cette mesure de « forme de spoliation ».

Plus largement, il a critiqué les propositions budgétaires présentées par le Parti socialiste, estimant qu’elles auraient un effet récessif. Il a jugé « provocateur » que l’État envisage une augmentation de la fiscalité sans réduction de ses dépenses. Patrick Martin a souligné que, selon lui, les efforts devraient se concentrer sur les dépenses sociales et les frais de fonctionnement, en évoquant la possibilité de suppressions de postes dans la fonction publique.

Enfin, il a confirmé l’opposition du Medef à la suppression de deux jours fériés, une mesure que le Premier ministre Sébastien Lecornu a déjà retirée. À propos de François Bayrou, ancien chef du gouvernement renversé à l’Assemblée nationale, Patrick Martin a indiqué qu’il avait eu « tendance à travailler un peu seul », une attitude qui, selon ses mots, a « déconcerté » les acteurs économiques.

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