Le député Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a sollicité officiellement le ministère de l’Économie au sujet des impôts de certains foyers disposant de hauts revenus.
Sa demande intervient après des déclarations faites par Éric Lombard, ancien ministre de l’Économie, dans un entretien accordé au journal Libération publié le dimanche 13 janvier 2026. Dans cet échange, Éric Lombard évoque les résultats d’une analyse menée par la Direction générale des finances publiques. Selon ses propos, un nombre important de contribuables parmi les plus fortunés en France disposerait d’un revenu fiscal de référence nul, ce qui les placerait en dehors du champ de l’impôt sur le revenu. Le revenu fiscal de référence est calculé par les services fiscaux à partir des revenus déclarés et prend en compte l’ensemble des éléments composant les ressources du foyer fiscal.
Il précise également que certaines personnes concernées utiliseraient des structures telles que des holdings pour se rémunérer. Cette méthode permettrait de ne pas verser de salaire soumis à cotisations sociales, les revenus étant perçus sous d’autres formes. Il déclare : au lieu de payer des charges sociales sur leur salaire, ils se font rémunérer dans les holdings. Ces mécanismes sont légaux, mais injustes.
Réactions politiques et demande d’explication formelle sur la question des impôts
À la suite de cette prise de parole, Éric Coquerel s’est appuyé sur l’article 57 de la loi organique relative aux lois de finances, qui encadre les pouvoirs de contrôle du président de la commission des Finances, pour adresser une demande à la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin. Il sollicite la transmission de tous documents ayant pu alimenter cette analyse, notamment les données, chiffrages ou notes internes produits par la Direction générale des finances publiques.
Selon les informations relayées par l’AFP, l’administration fiscale a répondu qu’elle ne commentait pas les propos tenus par des personnalités politiques. Elle rappelle également que ses services sont soumis au respect du secret fiscal. Le ministère de l’Économie, également contacté, n’a pas donné suite à ce stade.
Les déclarations d’Éric Lombard ont entraîné des réactions dans plusieurs sphères. L’économiste Gabriel Zucman a qualifié ces révélations d’édifiantes et estime que le système fiscal ne parvient pas à faire contribuer les hauts revenus. L’association Attac a également exprimé des critiques publiques. Aucune réponse officielle n’a encore été apportée quant à la transmission des éléments sollicités par le député.







