Le marché immobilier locatif traverse une période de tension, entre chute des investissements et pénurie de logements à louer. Pour tenter d’y répondre, l’État modifie son approche fiscale. Un nouveau dispositif s’invite dans le paysage pour relancer la dynamique.
Face à un marché immobilier en crise et à une offre locative en recul, le gouvernement met en place un nouveau dispositif fiscal à destination des bailleurs particuliers. Baptisé « Relance logement » ou « dispositif Jeanbrun », il figure dans la loi de finances 2026 et vise à remplacer progressivement le Pinel, arrivé en fin de cycle.
Ce nouveau mécanisme repose non plus sur une réduction d’impôt, mais sur un amortissement fiscal du bien immobilier, plus avantageux pour les foyers fortement imposés. Le propriétaire pourra ainsi déduire chaque année une fraction du prix du bien (hors foncier) de ses revenus fonciers, dans la limite de 12 000 euros par an.
Amortissement progressif, avec ou sans travaux
Dans le détail, un particulier qui achète un logement neuf destiné à la location nue pendant au moins neuf ans pourra bénéficier d’un amortissement de 3,5 % à 5,5 % par an. Pour l’achat dans l’ancien, le taux est limité à 3 % à 4 %, à condition que 30 % du montant investi soit consacré à des travaux de rénovation.

Le dispositif est ouvert à tout le territoire, sans distinction de zones tendues ou détendues, contrairement au Pinel. En revanche, il n’est pas applicable aux locations intrafamiliales (parents, enfants, ascendants ou descendants), explique Le Parisien.
Objectif affiché : ramener des biens sur le marché immobillier
Le ministère du Logement espère ainsi encourager les propriétaires à louer des logements vacants, ou à investir à nouveau dans la pierre malgré la hausse des taux et la baisse des rendements nets. Selon le gouvernement, l’outil se veut simple, lisible et plus souple que les précédents dispositifs, dont l’efficacité s’est émoussée.
Toutefois, plusieurs professionnels du secteur restent sceptiques. Certains acteurs comme l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) ou des réseaux comme ERA Immobilier soulignent que le plafond annuel de déduction reste faible face au coût réel d’un investissement locatif. La fiscalité locale, les charges et la complexité du marché locatif continuent à freiner les particuliers.
Une entrée en vigueur attendue dans les prochains mois
La mesure figurant dans le budget 2026, son application est conditionnée à la publication de décrets d’application attendus d’ici le printemps. Le dispositif s’adressera à tous les logements acquis à compter de cette date et respectant les conditions fixées. Reste à voir si ce nouveau levier fiscal parviendra à inverser la tendance dans un marché locatif marqué par la raréfaction de l’offre et la hausse des loyers.








