La production de crédits immobiliers en France a enregistré une progression en août 2025, selon les données publiées par la Banque de France. Le montant total accordé a atteint 12,2 milliards d’euros, soit une hausse annuelle de 3,6 %.
Ce redressement est en grande partie lié aux primo-accédants, qui représentent actuellement 52 % des nouveaux prêts destinés à l’achat d’une résidence principale. La démission de Sébastien Lecornu de son poste de Premier ministre a entraîné une réaction immédiate sur les marchés. Le taux de l’OAT à 10 ans, qui sert de référence aux taux d’intérêt des emprunts d’État, a atteint 3,58 %. Cette évolution pourrait entraîner une répercussion sur les taux appliqués aux crédits immobiliers par les banques.
Malgré cette instabilité, les primo-accédants continuent de bénéficier de conditions favorables. Les taux ont connu un repli au début de l’année 2025. Le prêt à taux zéro a été élargi à tout le territoire depuis avril. Par ailleurs, les banques ont modifié leurs exigences en matière d’apport personnel. Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer, précise : « En 2022, au moment de la forte remontée des taux, elles demandaient généralement 20 % d’apport. Aujourd’hui, c’est un peu au cas par cas, souvent autour de 10 %, mais cela peut être moins et certaines acceptent 5 %. »
Taux d’intérêt sur les crédits immobiliers et réactions des professionnels du secteur
En août, le taux moyen des crédits immobiliers s’est maintenu à 3,10 %. En octobre, certaines banques ont commencé à augmenter leurs barèmes, portant la moyenne à 3,30 %. D’après Sandrine Allonier, « une croissance de cet ordre n’est pas de nature à impacter la capacité d'emprunt. » Elle ajoute : « Jusqu’à présent, on observait encore une relative stabilité car Emmanuel Macron avait nommé rapidement un gouvernement. […] Si on monte durablement à 4 % sur les taux d'emprunt d’État, les banques seront obligées de le répercuter sur le crédit. »
Du côté de Edmond de Rothschild Asset Management, une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale est évoquée comme un facteur potentiel de hausse des taux d’emprunt. Jordan Frarier, président de Foncia Transaction, estime que « même si les taux remontent à 3,5 % sur 20 ans, je ne vois pas le marché se gripper, le prix d’achat moyen étant de seulement 170 000 euros dans notre réseau ».
Caroline Arnould, directrice générale du courtier Cafpi, considère que « le vrai risque, pour les acheteurs, c’est de perdre leur financement. » La CNCEF Crédit estime, de son côté, que les ménages doivent éviter de suspendre leurs projets. L’association rappelle que « les banques continuent à prêter » et que « les taux sont plus attractifs qu’il y a un an ».








