Les taux des crédits immobiliers devraient augmenter au cours des prochaines années, selon les dernières prévisions. À partir du 1er février 2026, les taux moyens des crédits immobiliers sont attendus à 3,41 %, et devraient atteindre 3,60 % en 2027.
Cette hausse intervient après une période de baisse et reflète une réalité économique difficile pour les établissements bancaires, qui ajustent leurs taux face à un environnement financier de plus en plus tendu. Michel Mouillart, professeur d’économie et responsable de l’étude menée par l’Observatoire Crédit Logement/CSA, a souligné que cette remontée des taux est inévitable.
« Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits », a-t-il déclaré. Cette hausse est liée aux coûts croissants de l'emprunt pour les banques, en particulier en raison de l’augmentation de la dette publique. En effet, le coût de la dette française a atteint des niveaux jamais vus depuis près de quinze ans, ce qui exerce une pression sur les taux d’intérêt proposés aux emprunteurs.
Conséquences de la hausse des taux de crédit pour les ménages et le marché immobilier
Les taux des crédits immobiliers ont légèrement augmenté en 2025, atteignant 3,17 % en décembre, après un creux à 3,06 % en août. Selon la Banque de France, les crédits sur 20 ans et plus ont enregistré un taux moyen de 3,85 % au quatrième trimestre 2025, ce qui signifie des intérêts supplémentaires de 43 500 euros pour chaque tranche de 100 000 euros empruntés. Cette hausse continue des taux pourrait rendre l’accession à la propriété plus difficile pour certains ménages, notamment les plus modestes.

Les projections pour 2026 et 2027 suggèrent que la durée moyenne des prêts continuera d’augmenter, atteignant près de 21 ans. Cette situation pourrait amplifier les difficultés d’accès au crédit, en particulier si les prix de l’immobilier continuent d’augmenter. La Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier) avertit que cette évolution rend le marché de l’immobilier « difficilement accessible pour une grande partie des ménages » et pourrait conduire à un financement « majoritairement réservé aux ménages les plus aisés ».
Michel Mouillart précise que cette tendance pourrait aussi entraîner une réduction du nombre de nouveaux emprunteurs si les prix continuent à augmenter et si les taux d’intérêt restent élevés. Cela pourrait avoir des conséquences notables sur la dynamique du marché immobilier, notamment pour les primo-accédants qui pourraient être écartés de l’achat de leur premier bien immobilier.
Les projections des taux montrent une évolution claire, avec un taux moyen prévu de 3,55 % pour le quatrième trimestre de 2026, et 3,95 % pour la fin de 2027. Cette situation devrait continuer à modeler le marché du crédit immobilier pour les années à venir, avec un impact direct sur les projets d’achat immobilier des Français.








