En Lorraine, un gisement d’hydrogène naturel suscite un intérêt croissant pour ses potentiels avantages énergétiques. Ce gisement, localisé à environ 40 kilomètres à l’est de Metz, pourrait être la plus grande réserve d’hydrogène au monde.
Les recherches, menées par l’entreprise La Française de l’Énergie (FDE) en collaboration avec le laboratoire GeoRessources du CNRS et de l’Université de Lorraine, visent à approfondir la compréhension de ce gisement et à explorer les possibilités d’exploitation de cette ressource naturelle.
Découverte et avancées des recherches
Le projet Regalor II a débuté par un forage à Pontpierre, où une plateforme de forage de 41 mètres de haut a été installée pour examiner la présence d’hydrogène naturel sous la surface. Après avoir atteint une profondeur de 2 600 mètres, l’objectif est de continuer le forage jusqu’à 4 000 mètres à partir de février 2026. Ce programme de recherche suit un précédent projet, Regalor, qui avait déjà révélé l’existence de quantités significatives d’hydrogène naturel dissous dans les eaux souterraines. Selon le CNRS, cette réserve pourrait atteindre 34 millions de tonnes d’hydrogène, réparties sur les territoires français, belge, luxembourgeois et allemand.
Les études actuelles visent à explorer plus en profondeur la source de cette hydrogène, en se concentrant sur les mécanismes chimiques qui le génèrent. Deux hypothèses sont envisagées : la première suggère que des réactions chimiques entre des minéraux et de l’eau pourraient être responsables, tandis que la deuxième envisage une réaction entre le fer et l’eau. Ces recherches sont considérées comme cruciales pour mieux comprendre les processus naturels de formation de l’hydrogène et pour anticiper l’exploitation future de cette ressource.
Implications de la découverte du gisement de l’hydrogène naturel pour l’énergie et la région
L’hydrogène naturel est vu comme une source d’énergie décarbonée potentielle, ce qui pourrait contribuer à la transition énergétique. Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, souligne que ce projet présente des perspectives intéressantes en matière de décarbonation, d’indépendance énergétique et de sécurité énergétique. Le projet fait également écho à l’histoire industrielle de la Lorraine, une région marquée par l’exploitation minière, mais qui pourrait bénéficier de cette nouvelle forme de ressource énergétique.
Franck Leroy, président de la Région Grand Est, a exprimé son optimisme concernant le projet, affirmant que l’exploitation de cette ressource pourrait renforcer la souveraineté énergétique et industrielle de la France. Cependant, des préoccupations demeurent concernant l’impact potentiel sur les nappes phréatiques locales. Les associations environnementales, telles que l’APEL57 et le Collectif de défense des bassins miniers lorrains, ont appelé à la vigilance pour prévenir tout risque de contamination des ressources en eau souterraine.
Le projet Regalor II est donc en plein essor, avec l’espoir que l’hydrogène naturel pourrait jouer un rôle important dans l’approvisionnement énergétique durable et la transition énergétique de la France. Toutefois, il reste encore de nombreuses questions à résoudre, notamment sur la gestion environnementale de cette ressource.








