À partir du 1ᵉʳ février, les tarifs de l’électricité en France, notamment pour l’option heures pleines / heures creuses (HP/HC), vont évoluer, avec des impacts directs sur les factures des ménages. Cette évolution s’inscrit dans la dernière délibération votée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui publie chaque année les nouveaux barèmes du tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) appliqué par des fournisseurs comme EDF.
La formule heures creuses/pleines permet de payer un prix du kilowattheure (kWh) moins élevé durant les périodes dites « creuses », généralement la nuit, et un prix plus élevé durant les heures de forte demande. Pendant des années, cette option n’était rentable que pour les foyers capables de déplacer une grande partie de leur consommation d’électricité vers ces plages tarifaires réduites. Avec le nouveau barème, cette logique change.
Une baisse plus forte du tarif en heures creuses
L’une des modifications les plus importantes de la CRE concerne le prix du kWh en heures creuses, qui chute de 0,1635 euro à 0,1579 euro TTC à partir du 1er février . Cela représente une baisse d’environ ‑3,4 %, un mouvement nettement plus marqué que celui observé sur les heures pleines, où le prix recule seulement de ‑0,77 % pour atteindre 0,2065 euro TTC.

Selon des spécialistes du secteur, cette baisse marque une volonté claire de la CRE d’inciter davantage de consommateurs à profiter de l’option HP/HC, en rendant l’écart de prix entre les deux plages plus significatif.
Pour un ménage équipé d’appareils programmables, comme un chauffe‑eau ou la recharge d’une voiture électrique, cette différence peut se traduire par une économie réelle à la fin de l’année. Les experts estiment que déplacer une part conséquente de votre consommation en heures creuses reste la clé pour obtenir un avantage financier.
Un seuil de rentabilité abaissé
Un autre changement notable concerne le seuil de rentabilité de l’option HP/HC. Avant la réforme, un foyer devait parfois déplacer plus de 30 % de sa consommation en heures creuses pour que l’option soit avantageuse comparée à l’option « Base ». Avec les nouveaux tarifs, cette proportion est abaissée à environ 26 %.
Cela signifie que moins de consommation déplacée en heures creuses suffit pour que l’option HP/HC devienne intéressante financièrement. C’est une bonne nouvelle pour les consommateurs qui n’avaient jamais réussi à atteindre le seuil précédent avec leurs habitudes quotidiennes.
Des plages horaires repensées
La modification des tarifs ne constitue qu’une partie du changement. Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, une réforme plus large a commencé à redéfinir les créneaux horaires des heures creuses afin de mieux coller à la production d’électricité renouvelable, notamment solaire. Dans ce cadre, tous les clients abonnés à l’option HP/HC conservent huit heures creuses par jour, mais leur répartition peut évoluer pour inclure des périodes en journée, en fonction de votre zone géographique et des besoins du réseau.
Cette réforme touche quelque 14,5 millions de clients, dont environ 11 millions verront leurs plages horaires ajustées progressivement jusqu’en octobre 2027. L’objectif est de mieux lisser la demande sur le réseau national et d’éviter les pics de consommation trop marqués lors des heures de pointe.
Ce que cela change pour votre facture
Pour de nombreux consommateurs, les effets de ces ajustements dépendront de leurs habitudes de consommation électrique. Si vous êtes capable de déplacer l’usage d’électroménager énergivore ou de recharger vos appareils pendant les heures creuses, la baisse du tarif sur ces plages peut réellement réduire votre facture annuelle.
En revanche, si la majorité de votre consommation reste concentrée durant les heures pleines, par exemple pour le chauffage, la cuisson ou un usage intensif en journée, l’avantage financier de l’option HP/HC pourrait rester limité. Dans ce cas, il peut être pertinent de comparer les offres disponibles auprès de différents fournisseurs, car certaines offres de marché offrent des conditions plus avantageuses que le tarif réglementé.








