Une étude publiée par l’Insee le 18 novembre met en lumière les grandes disparités de revenus entre les plus riches et les autres catégories de la population en France. D’après cette analyse, le revenu moyen des foyers les plus riches a plus que doublé entre 2003 et 2022, tandis que celui des foyers les plus modestes a augmenté beaucoup plus lentement.
Ce phénomène est attribué, en partie, à l’augmentation des revenus financiers et fonciers des plus hauts revenus, ainsi qu’à une baisse de leur taux d’imposition. Les « très hauts revenus », représentant 0,1 % des foyers fiscaux, gagnent en moyenne plus de 463 000 euros par an, soit 31 fois plus que la moyenne des foyers.
En 2003, l’écart était de 21 fois plus élevé. Ces foyers, principalement situés en région parisienne et souvent composés de couples sans enfants, sont le plus souvent des cadres ou des indépendants. Leur richesse repose sur des sources de revenus variées, incluant les salaires, les placements financiers, l’immobilier et d’autres sources de capitaux mobiliers. Ce profil reflète une concentration croissante des richesses au sein de cette petite fraction de la population.
L’impact de la fiscalité et des réformes économiques sur les revenus des plus riches
L’un des facteurs ayant permis cette hausse des revenus des plus aidés est la baisse du taux moyen d’imposition. En 2003, ce taux était de 29,2 %, contre 25,7 % en 2022. Cette réduction a été en partie due à des réformes fiscales, notamment celle de 2018 qui a introduit le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital. Cette « flat tax » a simplifié et réduit l’imposition des revenus financiers, un levier qui a surtout bénéficié aux foyers les plus riches.
L’écart entre les plus riches et les autres foyers s’est également creusé grâce à l’augmentation des prix de l’immobilier. Ce phénomène a largement contribué à accroître les inégalités patrimoniales, les foyers les plus riches ayant souvent un patrimoine immobilier important. La hausse des prix dans les grandes agglomérations, en particulier à Paris, a donc eu un impact direct sur la répartition des richesses.
En 2022, les foyers les plus riches représentaient environ 3 % du revenu total de l’ensemble des foyers fiscaux. Ils ont contribué à hauteur de 10,7 milliards d’euros à l’impôt sur le revenu, mais leur part reste relativement faible comparée à leur revenu total. En effet, ces 0,1 % de foyers ont payé un quart des impôts sur le revenu, une proportion bien inférieure à celle des autres catégories sociales.
Ainsi, l’Insee montre, à travers cette étude, que les inégalités de revenus et de patrimoine en France continuent de se creuser. Les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de manière significative grâce à leurs investissements dans les secteurs financiers et immobiliers, tandis que les autres catégories de la population, principalement celles issues des classes moyennes et modestes, ont connu une progression plus lente. Cette évolution soulève des questions sur la redistribution des richesses et l’impact des politiques fiscales sur les inégalités économiques dans le pays.








