L’industrie chimique européenne se trouve aujourd’hui prise dans l’étau de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Cette situation a de lourdes conséquences pour le secteur, notamment pour les sites de production en Europe, dont 47 usines en France.
La crise pourrait entraîner la fermeture de centaines d’usines et la perte de milliers d’emplois dans l’industrie chimique européenne. France Chimie, l’organisation qui représente le secteur en France, alerte sur la gravité de la situation et ses impacts à long terme sur l’économie.
47 sites risquent de mettre la clé sous la porte, entrainant une perte de 15 000 à 20 000 emplois
L’industrie chimique européenne, qui englobe des secteurs allant des produits parapétroliers à la pharmacie, se trouve en grande difficulté. Le secteur est déjà fragilisé par des surcapacités mondiales, des coûts énergétiques élevés en Europe, ainsi qu’une fiscalité et une réglementation plus strictes que dans d’autres régions du monde. À cela s’ajoute la guerre commerciale qui met encore plus de pression sur les usines européennes.
France Chimie annonce que 47 sites en France et entre 200 et 350 sites dans l’Union européenne sont menacés de fermeture. En raison de la concurrence accrue, notamment celle imposée par la Chine, ces usines ne parviennent plus à rester compétitives, ce qui pourrait entraîner la fermeture de nombreux sites de production. Les pertes d'emplois sont également à prévoir, avec des estimations allant de 15 000 à 20 000 emplois menacés en France, et de 150 000 à 200 000 emplois dans toute l’Europe.
Le dumping est le principal facteur de la menace.
Le phénomène du dumping, où les entreprises baissent leurs prix de manière déloyale, est au cœur du problème. La Chine, avec ses usines modernes et ses coûts d’exploitation inférieurs à ceux de l’Europe, profite de la guerre en Ukraine pour se fournir en matières premières à des prix très bas. Cela lui permet de proposer des produits chimiques à des tarifs très compétitifs, rendant les usines européennes incapables de rivaliser. Selon Frédéric Gauchet, président de France Chimie, « Il est possible qu’il n’y ait plus du tout de production d’acide nitrique en Europe si on ne fait rien. », a-t-il déclaré, relaie Sud Ouest.
La situation est aggravée par les importations massives de produits chimiques bon marché en provenance de Chine et des États-Unis. Alors que l’Union européenne impose seulement 3 % de droits de douane sur ces produits, la concurrence déloyale devient insupportable pour les producteurs européens, qui se retrouvent incapables de s’aligner sur ces prix. En conséquence, la fermeture d’usines européennes devient une option inévitable pour certaines entreprises qui ne peuvent plus rester compétitives.
Quelles sont les solutions envisagées par France Chimie pour sauver le secteur de l’industrie chimique ?
L’industrie chimique européenne est essentielle à l’économie, notamment pour la production de matériaux utilisés dans des secteurs clés comme l’automobile, la pharmacie, et l’agriculture. La fermeture de ces usines et la perte d’emplois auraient des conséquences directes sur ces industries et sur l’emploi en Europe. Les autorités européennes, ainsi que les entreprises du secteur, appellent à des mesures pour soutenir l’industrie chimique locale.
Pour éviter une catastrophe industrielle, France Chimie suggère plusieurs solutions, notamment l’instauration de barrières douanières plus strictes contre le dumping, ainsi que des investissements dans des technologies plus compétitives et écologiques, comme le rapporte Sud Ouest. Il est également crucial que l’Europe renégocie certaines de ses politiques commerciales pour protéger son secteur chimique des pratiques déloyales.








