Le président américain Donald Trump a annoncé, mercredi 21 janvier à Davos (Suisse), qu’il retirait ses menaces de droits de douane contre plusieurs pays européens tout en affirmant qu’un « cadre d’un futur accord » concernant le Groenland et la région arctique avait été établi avec l’Otan. Cette volte‑face intervient après des semaines de tensions diplomatiques qui avaient fragilisé les relations transatlantiques et inquiété les marchés.
Trump s’exprimait depuis le Forum économique mondial de Davos, où il s’était entretenu avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, il a indiqué : « Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février ». Il a présenté ce cadre comme un accord à très long terme, affirmant qu’il plaçait « tout le monde dans une très bonne position, en particulier en matière de sécurité et de minerais ».
Les droits de douane menacés visaient huit pays européens (France, Allemagne, Royaume‑Uni, Danemark, Suède, Norvège, Pays‑Bas et Finlande) et devaient atteindre jusqu’à 25 % à partir de juin si les alliés ne soutenaient pas les ambitions américaines vis‑à‑vis du Groenland.
Cette annonce a eu un impact immédiat sur les marchés financiers : après une chute la veille, l’indice S&P 500 et d’autres indices vedettes de Wall Street ont rebondi, portés par le soulagement des investisseurs face à l’apaisement des tensions commerciales transatlantiques.
Diplomatie, souveraineté et tensions géopolitiques
L’arrière‑plan de cette crise tient à la position stratégique du Groenland, immense territoire autonome danois situé dans l’Arctique, riche en minerais et considéré comme crucial pour la sécurité américaine dans le cadre d’un renforcement de la présence militaire vis‑à‑vis de la Russie et de la Chine. Le Groenland héberge notamment des installations stratégiques pour la défense du Nord‑Ouest de l’Amérique du Nord et pourrait jouer un rôle dans de futurs systèmes antimissiles.
Dans les semaines précédant l’annonce, Trump avait multiplié les déclarations agressives, allant jusqu’à laisser entendre que les États‑Unis pourraient envisager d’acquérir le Groenland, proposition vivement rejetée par Copenhague et Nuuk, qui ont rappelé que la souveraineté du territoire ne pouvait être négociée sans l’accord des Groenlandais.
La Première ministre danoise avait souligné que la souveraineté et l’intégrité du royaume étaient non négociables, et que toute discussion devait impliquer directement le Danemark et le Groenland.
Sur le plan institutionnel, cette crise a eu des répercussions politiques au sein de l’Union européenne. En réaction aux menaces de Trump, le Parlement européen a temporairement gelé la ratification d’un vaste accord commercial avec les États‑Unis, soulignant que de telles pressions commerciales constituent une rupture de confiance entre partenaires.
Malgré le ton apaisé de l’annonce, de nombreux observateurs restent sceptiques sur la nature exacte du « cadre d’accord » évoqué par Trump, qui n’a jamais fourni de détails concrets sur le contenu du futur traité ou sur son application pratique. Des responsables européens ont exhorté à poursuivre le dialogue sur la base du respect mutuel de la souveraineté et des intérêts régionaux








