Les médecins libéraux débutent un mouvement de grève le 5 janvier 2026, prévu pour durer jusqu’au 15 janvier, afin de protester contre plusieurs mesures du budget de la Sécurité sociale 2026.
Cette grève, soutenue par de nombreux syndicats de médecins, met en lumière des revendications sur les réformes gouvernementales qu’ils considèrent comme préjudiciables à leur profession. Les syndicats prévoient un soutien massif à ce mouvement, avec des fermetures de cabinets et des arrêts d’activités dans les blocs opératoires.
Les principaux motifs de la grève concernent des mesures du budget de la Sécurité sociale, adoptées en décembre 2025, qui modifient les conditions de travail et de rémunération des médecins libéraux. En particulier, les syndicats s’opposent à l’extension du recours au dossier médical partagé (DMP), un outil numérique permettant aux soignants de consulter rapidement les informations médicales des patients. La loi prévoyait une sanction financière pour ceux ne l’utilisant pas, mais cette disposition a été annulée par le Conseil constitutionnel fin décembre. Toutefois, cette victoire juridique n’a pas suffi à apaiser la colère des praticiens, qui estiment que le DMP, dans son état actuel, est inefficace et peu ergonomique.
Les autres revendications des médecins libéraux
Outre l’utilisation du DMP, les médecins libéraux s’opposent également à la suppression des remboursements par l’Assurance-maladie pour les soins prescrits par les médecins non conventionnés, c’est-à-dire ceux du secteur 3. Cette mesure, qui entrera en vigueur en janvier 2027, vise à limiter le recours à ces médecins, mais les syndicats dénoncent une mesure injuste qui pourrait pénaliser les patients et créer des inégalités dans l’accès aux soins.
Une autre mesure contestée par les syndicats porte sur la possibilité de baisser autoritairement les tarifs de certains actes médicaux. Selon eux, cela risque de générer une instabilité financière pour les cabinets médicaux et les hôpitaux, limitant leur capacité à investir dans des équipements nécessaires au bon exercice de la médecine. L’Assurance-maladie pourrait ainsi modifier seule les tarifs des actes techniques, sans négociation préalable avec les professionnels. Cette mesure crée un climat d’incertitude, et les syndicats estiment qu’elle met en danger la qualité des soins.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a répondu à cette mobilisation en affirmant qu’elle prenait toutes les mesures nécessaires pour assurer la continuité des soins pendant la grève. Elle a précisé que des réquisitions pourraient être appliquées en cas de perturbations majeures. Rist a également exprimé son désir de continuer à dialoguer avec les médecins, soulignant que « toute réforme durable ne se fera ni contre ni sans les médecins ».
Les médecins libéraux sont également préoccupés par le projet de loi contre la fraude, qui prévoit des sanctions pour les médecins qui prescrivent plus d’arrêts de travail que leurs pairs. Ils craignent que cette mesure entraîne une pression supplémentaire et conduise à une sous-prescription, affectant ainsi les patients qui ont véritablement besoin d’un arrêt maladie.
Enfin, les médecins libéraux dénoncent des propositions de loi visant à restreindre leur liberté d’installation, notamment pour lutter contre les déserts médicaux. Ces lois limiteraient leur capacité à choisir librement où exercer, ce qui, selon eux, remet en cause leur indépendance professionnelle.








