À partir du lundi 5 janvier 2026, les médecins libéraux cesseront leur activité pour protester contre plusieurs mesures liées au budget de la Sécurité sociale, ainsi que contre des décisions politiques qu’ils jugent nuisibles à leur liberté d’exercice.
Cette grève, soutenue par l’ensemble des syndicats de la profession, est prévue pour durer jusqu’au 15 janvier. Les médecins dénoncent notamment un budget insuffisant et des mesures qui, selon eux, fragilisent leur autonomie professionnelle. Les syndicats de médecins, incluant des généralistes, chirurgiens, gynécologues, et autres spécialistes, affirment que ces politiques mettent en danger leur mode de travail et leur indépendance.
Frank Devulder, président de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), a estimé que 85% de ses adhérents pourraient se mobiliser. Une manifestation nationale est également programmée à Paris pour le 10 janvier, où un grand nombre de professionnels de santé sont attendus.
Mesures controversées et objectifs du mouvement de grève des médecins
Parmi les principales raisons de la grève, les médecins dénoncent des dispositions du budget de la Sécurité sociale, telles que la possibilité pour les autorités de réduire unilatéralement les tarifs de certains actes médicaux, ce qu’ils considèrent comme un contournement du dialogue social. Bien que cette mesure soit présentée comme une simple « possibilité » et non comme une obligation, elle suscite une vive inquiétude parmi les professionnels, qui redoutent des décisions prises sans concertation préalable.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a exprimé dans une lettre aux syndicats son désir de rétablir le dialogue, affirmant vouloir dissiper les malentendus. Elle a également défendu une réforme concernant la prescription des arrêts de travail, qui limiterait leur durée afin de mieux suivre les patients en arrêt prolongé, tout en autorisant des exceptions si nécessaire. Cette réforme a pour objectif de prévenir la désinsertion professionnelle, un phénomène qui touche certains patients en situation de longue maladie.
Le gouvernement souhaite également réduire les abus de dépassements d’honoraires, une pratique que le budget 2026 devrait encadrer davantage. La ministre a reconnu qu’une minorité de professionnels utilisaient cette pratique de manière excessive, ce qui a conduit à des critiques croissantes au sein de la population.
En réponse à la grève, le ministère de la Santé assure qu’il suivra de près la situation, en espérant apaiser les tensions et rouvrir les discussions sur les conditions d’exercice des médecins libéraux. Les tensions restent élevées, et le mouvement de grève semble promis à un large suivi, selon les syndicats. Ce conflit met en lumière les difficultés croissantes rencontrées par les médecins libéraux, qui estiment que leurs conditions de travail se dégradent au fil du temps.








