Le Premier ministre Sébastien Lecornu poursuit les consultations en vue de la formation de son gouvernement. Emmanuel Macron lui a demandé de constituer une équipe restreinte d’environ 25 ministres avant dimanche 5 octobre 2025 au soir.
La présentation officielle pourrait intervenir lundi matin, soit la veille de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale prévue mardi 7 octobre. Le président de la République attend que le nouveau gouvernement soit finalisé avant cette échéance. Selon une source proche du chef de l’État, cette exigence vise à garantir un cadre clair et resserré dès l’ouverture du calendrier parlementaire. Avant toute annonce, la liste définitive doit être transmise à Emmanuel Macron.
Des négociations sont en cours avec Les Républicains. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a confirmé dans un message interne que des échanges étaient encore nécessaires avant toute décision sur une participation au gouvernement. Une réunion des parlementaires de droite initialement prévue samedi soir a été reportée à ce dimanche.
Tensions persistantes autour des équilibres politiques dans le nouveau gouvernement
Bruno Retailleau a exprimé son mécontentement face au manque d’engagements concrets de Sébastien Lecornu, en particulier sur la politique migratoire. Lors d’une réunion en visioconférence avec des membres de son parti, il a déclaré : « il n’y a rien de rien », faisant référence à ses demandes non satisfaites concernant la gestion des visas, l’aide médicale d’État et le rétablissement du délit de séjour irrégulier.
Le Premier ministre a tenté une ouverture samedi en confirmant, par l’intermédiaire de son entourage, une baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) à hauteur de 1,1 milliard d’euros dès 2026. Cette annonce s’inscrit dans les revendications de réduction de la fiscalité portées par la droite.
Le climat reste tendu dans les échanges entre l’exécutif et les partis. Une source parlementaire LR indique que le renoncement au recours à l’article 49.3 « a complètement changé la donne » et évoque une perte d’influence au profit du Rassemblement national et de La France insoumise.
Le Parti Socialiste menace de censurer le gouvernement
Le Parti socialiste, par la voix de son premier secrétaire Olivier Faure, a déclaré : « nous nous dirigeons tout droit vers la censure si la donne ne change pas ». Il a affirmé être prêt à assumer une éventuelle dissolution si le gouvernement échouait à obtenir la confiance de l’Assemblée.
Le MoDem, partenaire de la majorité, a également adressé un courrier demandant une « clarification » au Premier ministre avant de définir les modalités de son soutien. Par ailleurs, selon plusieurs sources, Bruno Retailleau souhaiterait qu’un tiers des ministres soient issus de sa formation politique.
François Rebsamen, ministre sortant de l’Aménagement du territoire, a annoncé qu’il ne serait pas reconduit, invoquant ses « convictions d’homme de gauche ». De son côté, Eric Lombard, ministre démissionnaire de l’Économie, a souligné sur le réseau X l’existence de « pistes de compromis possibles avec plusieurs forces de gauche » concernant le budget.








