Lecornu échoue à convaincre le PS : la censure devient-elle inévitable ?

Le parti socialiste (PS) est sorti bredouille de sa rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu ce mercredi 17 septembre.

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Gouvernement : Lecornu échoue à convaincre le PS, la censure devient-elle inévitable ? Crédit : Jeanne Accorsini/SIPA) | Econostrum.info

Ce mercredi 17 septembre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les dirigeants du Parti Socialiste (PS) pour une première consultation dans le cadre de la nouvelle politique d’ouverture de son gouvernement. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a exprimé sa déception à l’issue de cette rencontre, soulignant que les socialistes étaient « restés sur leur faim ».

Faure a expliqué que les socialistes n’avaient pas obtenu d’informations concrètes sur les intentions du gouvernement et que la rencontre n’avait pas permis de clarifier la direction prise par Sébastien Lecornu.  « Pour l’instant, nous ne savons rien [de ce qu’il compte faire] », a répété le chef du PS devant les caméras. Cette absence de clarté laisse le parti dans l’incapacité de se prononcer sur une éventuelle censure du gouvernement, une décision qui reste en suspens. Faure a précisé que le PS attendait de savoir  « ce que le Premier ministre est prêt à entendre ».

Les socialistes ont utilisé cette rencontre pour rappeler au Premier ministre leur position sur la politique économique. Faure a notamment averti Lecornu : « Si son passage à Matignon consistait à ‘refaire du François Bayrou, les mêmes causes produiront les mêmes effets’ ». Cette référence à l’ancien Premier ministre François Bayrou fait écho aux déceptions du PS après une précédente négociation avec lui, où des engagements n’avaient pas été tenus, notamment en ce qui concerne la question des retraites.

Le PS maintient la pression sur le gouvernement

Au-delà de l’insatisfaction exprimée concernant la rencontre, les dirigeants socialistes ont réaffirmé leur souhait de voir un changement de politique, notamment en matière de justice fiscale. Ils ont insisté sur l’importance de revoir les politiques économiques actuelles et ont mis en avant un contre-budget présenté à la fin de l’été à Blois.

Pour renforcer leur position, le PS a rendu public un sondage Ifop montrant que leurs propositions étaient largement soutenues par les Français. En effet, 86 % des personnes interrogées se sont prononcées en faveur de la création d’une taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, tandis que 79 % soutiennent la réduction des aides publiques aux grandes entreprises.

Le PS n’a pas l’intention d’accorder sa confiance au gouvernement sans des engagements clairs 

Faure et les autres responsables socialistes ont fait savoir qu’ils ne comptaient pas accorder de confiance au gouvernement si des engagements clairs et concrets n’étaient pas pris, notamment en matière de réformes fiscales. Le PS met donc une pression importante sur Sébastien Lecornu, soulignant que la situation ne se répéterait pas comme lors de l’époque de François Bayrou.

D’autres partis de gauche, comme les écologistes et les communistes, étaient également reçus ce même jour, mais leurs positions diffèrent. Les écologistes ont clairement exprimé leur intention de voter la censure contre Lecornu, estimant qu’il est « illégitime ». Du côté des communistes, Fabien Roussel a également prévenu que ses députés pourraient adopter une position similaire si des changements radicaux ne sont pas apportés. Les Insoumis, quant à eux, ont décidé de ne pas se rendre à Matignon, préférant ne pas participer à ce qui est perçu comme une tentative de sauver le gouvernement actuel.

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