Le gouvernement autorise un gazole « non conforme » dans les stations : les mécaniciens préviennent que votre moteur pourrait ne pas le supporter

Le gouvernement français autorise temporairement la vente de gazole « non conforme » pour faire face aux tensions sur l’approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient.

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Le gouvernement autorise un gazole « non conforme » dans les stations : les mécaniciens préviennent que votre moteur pourrait ne pas le supporter. Crédit : Canva | Econostrum.info

Face à la crise énergétique mondiale liée à la guerre au Moyen‑Orient, le gouvernement français a pris une mesure exceptionnelle pour sécuriser l’approvisionnement en carburants. Dans un contexte de perturbations importantes autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près de 20 % du pétrole mondial, les stations‑service françaises sont désormais autorisées à vendre du gazole moins résistant au froid, habituellement interdit à la commercialisation.

Publié ce jeudi 26 mars au Journal officiel, le décret signé par la ministre déléguée chargée de l’Énergie autorise « à titre exceptionnel et temporaire, les distributeurs à détenir en vue de la vente et à commercialiser, un gazole non conforme aux spécifications ». Cette mesure, qui court jusqu’au 31 mars, vise à répondre aux « difficultés d’approvisionnement rencontrées dans le contexte de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz ».

Les distributeurs doivent informer les automobilistes des risques de ce gazole

En temps normal, le gazole vendu en France doit respecter une norme dite de température limite de filtrabilité (TLF) qui garantit que le carburant reste fluide même par températures négatives. Avec la dérogation, la limite de cette TLF passe de ‑15 °C à 0 °C maximum, ce qui signifie que ce carburant est plus susceptible de devenir visqueux ou gélifier en cas de froid intense, notamment en zones de haute altitude ou lors d’un épisode hivernal tardif.

Le texte officiel précise que « les distributeurs devront informer leurs clients des risques liés à l’utilisation de ce produit dans les zones et durant les périodes où la température peut être inférieure à 0 °C ». Il ajoute également que « les bénéficiaires de la présente décision assument l’entière responsabilité de tout problème pouvant survenir lors de l’utilisation de ce gazole ».

Cette décision intervient dans un contexte où la crise énergétique, accentuée par les combats autour du détroit d’Ormuz, pèse fortement sur les marchés pétroliers. Le détroit, situé entre la côte iranienne et l’Oman, est l’une des voies maritimes les plus importantes au monde pour le transport de pétrole et de gaz. Les attaques et les menaces contre les navires commerciales ont réduit le trafic et provoquent une hausse du baril de pétrole, ce qui se répercute directement sur les prix des carburants vendus en Europe.

Jusqu’ici, malgré cette mesure, le gouvernement a cherché à rassurer les automobilistes sur le fait qu’ « il n’y aura pas de pénurie de carburant en France », grâce à des filières industrielles capables de s’adapter et à des réserves stratégiques permettant de couvrir plusieurs mois de consommation nationale. Mais cette déclaration contraste avec la décision d’assouplir temporairement les normes de carburant, ce qui montre l’ampleur des tensions actuelles dans le secteur.

Les professionnels du secteur, tels que les distributeurs et certains transporteurs, ont salué l’initiative comme une manière de maintenir l’activité des stations‑service et d’éviter la fermeture de pompes à carburant dans les prochains jours. Ils rappellent néanmoins que ce carburant doit être utilisé avec prudence, surtout dans les régions où les températures peuvent parfois descendre sous zéro, même au printemps.

Des aides ciblées pour certains profils 

Sur le plan environnemental et mécanique, les autres normes du gazole, notamment la teneur en soufre et l’indice de cétane, restent inchangées, ce qui permet de garantir que le carburant vendu continuera de répondre aux exigences techniques minimales pour les moteurs modernes.

Outre cette mesure, le gouvernement dit privilégier des aides ciblées, notamment pour les « gros rouleurs » et certaines professions fortement dépendantes de leur véhicule, face à ce qu’il qualifie de « choc sur les prix » des carburants, exluant à l’occasion tout plafonnement ou baisse de prix. 

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