Le 2 mars 2026, le prix du gaz européen a bondi de 22 %, une augmentation majeure provoquée par des perturbations dans le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime, essentiel pour le transport de l’énergie, a vu le trafic de pétroliers quasiment stoppé à la suite des récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique pour l’acheminement de 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL). L’arrêt des expéditions dans cette voie a des conséquences directes sur les prix de l’énergie, affectant ainsi l’ensemble du marché mondial. La hausse des prix du gaz est la plus forte observée depuis août 2023.

Selon une note de Goldman Sachs, si le détroit d’Ormuz reste fermé pendant un mois, les prix de cette énergie en Europe et en Asie pourraient augmenter de 130 %, atteignant jusqu’à 25 dollars par million de British thermal unit (BTU), une unité utilisée pour mesurer le prix du gaz. Ce scénario rappelle l’impact que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a eu sur les marchés de l’énergie en 2022, perturbant considérablement le commerce mondial du gaz.
Les stocks de gaz européens sont faibles
L’Europe est particulièrement vulnérable à cette situation. Actuellement, les stocks de gaz européens sont faibles, et la région doit importer une quantité importante de GNL pour se préparer à l’hiver prochain. Si les perturbations du détroit d’Ormuz persistent, la concurrence pour les sources d’approvisionnement alternatives pourrait se renforcer, provoquant ainsi une hausse des prix à l’échelle mondiale. Cela impactera directement l’Europe, qui pourrait avoir plus de difficultés à sécuriser les volumes nécessaires à ses besoins énergétiques.
Cependant, l’impact sur le marché du gaz naturel américain devrait être limité. Les États-Unis sont un exportateur majeur de GNL, mais leurs usines de liquéfaction fonctionnent déjà à pleine capacité, ce qui réduit leur marge de manœuvre pour augmenter les livraisons. Bien que les États-Unis soient capables de compenser une partie de la perte de gaz provenant du Moyen-Orient, l’offre restera restreinte, et l’impact sur les prix de l’énergie pourrait perdurer.
Les experts continuent de suivre de près l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz. Si la fermeture de cette voie maritime persiste, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondial de GNL pourraient avoir des répercussions durables sur les marchés énergétiques mondiaux. L’Europe devra alors faire face à un défi supplémentaire pour sécuriser ses approvisionnements en gaz naturel, ce qui pourrait se traduire par des prix encore plus élevés.








