À partir du 1er août 2025, une réforme fiscale va frapper les factures d’électricité et de gaz des Français. La TVA sur les abonnements passera de 5,5 % à 20 %, un changement qui impactera directement le budget des ménages. Si cette hausse semble modérée, elle aura des répercussions notables, notamment pour les foyers les plus consommateurs d’énergie.
Le passage de la TVA à 20 % sur les abonnements à l’électricité et au gaz découle d’une mise en conformité avec la directive européenne TVA 2006/112/CE. En effet, cette directive stipule que les services d’acheminement et d’abonnement ne peuvent bénéficier du taux réduit de 5,5 %. Ainsi, la réforme vise à aligner la fiscalité énergétique française avec les standards européens. Bien que le taux réduit de TVA ait été appliqué jusqu’à présent pour alléger la facture des consommateurs, il n’est plus compatible avec la réglementation européenne. Cette mesure est une conséquence directe de la nécessité pour la France de respecter ses engagements en matière de fiscalité européenne.
Une facture d’électricité et de gaz qui augmente… mais pas pour tout le monde
Selon les premières estimations, cette augmentation de la TVA entraînera une hausse modérée des factures d’électricité et de gaz. Pour les consommateurs moyens, cela se traduira par un surcoût annuel de 21 € pour l’électricité et 14 € pour le gaz. Cependant, les profils de consommation peuvent influer sur l’ampleur de l’impact. Les foyers ayant une puissance élevée (≥ 18 kVA) ou ceux qui se chauffent au gaz seront les plus touchés par cette hausse. À l’inverse, les foyers utilisant des abonnements de petite taille (6 kVA) verront un surcoût plus limité, de l’ordre de 23 € par an, soit environ 2 € par mois.
Cette réforme permet à l’État de récolter plus de 1,6 milliard d’euros par an, une manne financière précieuse pour le rééquilibrage budgétaire. Dans un contexte de crise économique post-pandémie, ce revenu supplémentaire est crucial pour soutenir les finances publiques. Toutefois, cette augmentation de la fiscalité énergétique marque aussi la fin programmée du bouclier tarifaire mis en place pour protéger les consommateurs des hausses des prix de l’énergie.
Une communication floue et une incertitude persistante
La mise en œuvre de cette réforme a été accompagnée d’une communication jugée floue et insuffisante, créant un climat de méfiance parmi les consommateurs. Les informations concernant les hausses d’accises, la TVA et les abonnements sont difficiles à comprendre pour le grand public. De plus, les simulateurs de factures ne sont pas suffisamment adaptés pour refléter l’ensemble des changements, alimentant ainsi un sentiment d’incertitude. La réforme laisse également aux fournisseurs de services une certaine marge de manœuvre quant à la répercussion des baisses d’accises, ce qui pourrait générer des disparités dans les hausses de prix ressenties par les consommateurs.








