Fraude sociale : amende de 1,7 milliard, la menace de l’Urssaf contre Uber

L’URSSAF réclame 1,7 milliard d’euros à Uber pour des cotisations non payées, la société prévoit de contester cette demande.

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Fraude sociale : amende 1,7 milliard, la menace de l'Urssaf contre Uber. - Crédit : Canva | Econostrum.info

L’URSSAF a annoncé avoir entamé une procédure de redressement contre Uber, réclamant la somme de 1,7 milliard d’euros au titre de cotisations sociales impayées donc de fraude sociale.

Cette action est intervenue après une révision du calcul des cotisations sociales de la société, qui a été contestée par l’organisme. Selon l’URSSAF, Uber aurait sous-estimé le montant des cotisations dues pour ses chauffeurs, en les classant à tort comme travailleurs indépendants plutôt que comme salariés. L’URSSAF mène cette procédure dans le cadre de la lutte contre la fraude sociale, après avoir examiné de près les rapports financiers d’Uber et analysé ses pratiques de gestion des chauffeurs.

L’organisme affirme que la plateforme a agi en décalage avec les obligations légales en matière de cotisations sociales pour ses chauffeurs. En effet, selon l’URSSAF, bien que les chauffeurs soient inscrits comme travailleurs indépendants, leur statut, en raison de la subordination apparente vis-à-vis de la plateforme, aurait dû les classer comme salariés. Ce statut entraîne des cotisations sociales plus élevées que celles appliquées aux travailleurs indépendants.

Réaction d’Uber et contestation de la réclamation

Face à cette réclamation, Uber a exprimé son désaccord avec la demande de l’URSSAF. L’entreprise a affirmé qu’elle ne considérait pas ses chauffeurs comme des salariés, mais comme des travailleurs indépendants, et a donc appliqué un calcul des cotisations en conséquence. Uber a annoncé qu’elle allait contester cette réclamation devant les juridictions compétentes.

Cette action pourrait avoir des conséquences significatives pour Uber, étant donné l’ampleur de la somme réclamée par l’URSSAF. Le montant de 1,7 milliard d’euros inclut des cotisations sociales rétroactives, couvrant plusieurs années. Cette somme représente une part importante des redressements auxquels Uber a été confrontée en France, concernant la qualification de ses travailleurs et le calcul des cotisations sociales.

En plus de la réclamation d’1,7 milliard d’euros, Uber est confrontée à un climat juridique complexe. La société a régulièrement défendu son modèle d’affaires, qui repose sur l’utilisation de travailleurs dits « indépendants », mais les autorités françaises, comme l’URSSAF, estiment que ce modèle pourrait ne pas respecter la législation du travail, notamment en ce qui concerne les droits sociaux des travailleurs.

Implications de cette procédure sur la fraude sociale

Les implications de cette procédure vont au-delà de l’entreprise elle-même. La question du statut des travailleurs indépendants dans les plateformes numériques, telles qu’Uber, est devenue un sujet de débat récurrent. De nombreux experts juridiques et économistes soulignent que les plateformes comme Uber pourraient être amenées à revoir leur modèle économique si la jurisprudence évolue en faveur d’un statut plus protecteur pour les travailleurs.

Dans ce contexte, l’issue de cette procédure pourrait avoir un impact majeur sur la manière dont les plateformes numériques opérant en France gèrent leurs travailleurs. Un changement de statut pourrait entraîner une augmentation significative des charges sociales et un coût opérationnel plus élevé pour ces entreprises, ce qui pourrait les amener à repenser leur structure de fonctionnement et de rémunération.

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