La fraude au compteur d’électricité prend de l’ampleur en Île-de-France. Selon les contrôles d’Enedis, la moitié des escroqueries détectées en France se sont déroulées en région parisienne, plus précisément au sein des locaux des restaurateurs.
Comme l’indique le fournisseur d’énergie, le volume d’électricité volé à travers des pratiques illégales a atteint plus de 1,5 TWh, pour une valeur de plusieurs centaines de millions d’euros. Un chiffre conséquent, qui a poussé le groupe à intensifier les contrôles, notamment en Île-de-France, région dans laquelle ces écarts sont très fréquents.
En effet, sur 100 000 fraudes enregistrées en France, près de la moitié ont été enregistrées dans cette zone. Face à cette situation, Enedis a lancé une opération coup de poing, qui consiste à identifier les fraudeurs. L’objectif de ce plan d’action est de réduire le chiffre de l’électricité volée chaque année à travers le trafic des compteurs électriques.
Ces appareils sont souvent manipulés par des escrocs dans le but de les empêcher d’enregistrer la totalité de la consommation réelle, ce qui permet ainsi d’alléger la facture. Selon Enedis, lors de la campagne de contrôle de juillet dernier, les techniciens ont observé de nombreux cas de « dérivations illégales sur les installations électriques, destinées à contourner le compteur de manière à ce qu’il ne puisse plus détecter tout ou partie de la consommation des appareils électriques. ». En plus du préjudice financier, estimé à 250 millions d’euros, ces manipulations constituent un risque d’électrocution ou de départ d’incendie.
Le compteur Linky a joué un rôle crucial dans l’identification de la fraude à l’électricité
Ces fraudes ont pu être détectées en partie grâce à la collecte des données du compteur Linky, une installation fortement contestée depuis sa création. Actuellement, la mise en place de ce compteur est devenue obligatoire. Toute personne qui refuse cette installation est passible d’une sanction financière.
Ce petit boîtier permet également d’estimer avec précision les volumes d’énergie volée et ainsi de déterminer l’amende qui sera réclamée à l’auteur de l’acte. Les restaurateurs parisiens ayant eu recours à la fraude au compteur électrique ont reçu « un document officiel précisant le volume d’électricité volé et le montant à régulariser. Ils feront aussi l’objet d’une plainte collective transmise au procureur de la République. Enedis se portera systématiquement partie civile dans ses procédures », précise Enedis.
Par ailleurs, il est utile de mentionner que la loi punit très sévèrement ces fraudes. Les auteurs de ce délit peuvent écoper d’une peine allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement ainsi que d’une amende de 75 000 euros pour vol d’énergie, qui peut atteindre jusqu’à 375 000 euros.








