Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a exprimé son soutien à l’examen des relevés téléphoniques des allocataires par France Travail dans le cadre de la lutte contre la fraude aux aides sociales.
Lors d’un entretien publié par Le Journal du Dimanche le 8 février 2026, Jean-Pierre Farandou a indiqué être « favorable » à la suspension des allocations chômage en cas de «suspicion sérieuse de fraude », précisant que des « éléments probants » seraient nécessaires pour justifier cette suspension. Cette mesure d’examen des relevés téléphoniques fait partie d’un projet de loi contre la fraude sociale et fiscale, adopté au Sénat en novembre 2025.
Ce projet sera examiné par l’Assemblée nationale à la fin du mois de février 2026. L’objectif de cette mesure est de vérifier si les allocataires des aides sociales résident bien en France, en particulier dans les cas où des suspicions de fraude existent concernant leur lieu de résidence. Elle vise donc à lutter contre les abus liés aux personnes qui continuent de percevoir des allocations tout en vivant à l’étranger.
Autres mesures pour lutter contre la fraude aux aides sociales
Outre l’examen des relevés téléphoniques, ce projet de loi inclut des mesures supplémentaires pour lutter contre la fraude dans d’autres secteurs des prestations sociales. Par exemple, il prévoit des actions contre la fraude liée aux pensions de retraite, qui continuent parfois à être versées à des bénéficiaires décédés. Pour remédier à cette situation, le projet de loi impose aux autorités consulaires d’organiser des contrôles en présentiel plusieurs fois par an pour s’assurer de la vie des allocataires. Ces actions de vérification visent à rendre plus transparent et plus sécurisé le versement des prestations sociales.
Jean-Pierre Farandou a également évoqué les économies que cette lutte contre la fraude aux aides sociales pourrait générer pour l’État. Selon lui, ces mesures permettraient de réaliser des économies de plusieurs milliards d’euros. Il estime que la France pourrait récupérer jusqu’à trois milliards d’euros grâce à ces nouvelles initiatives, dont un milliard dès cette année. Cependant, certaines propositions du projet de loi, comme l’accès aux listings des compagnies aériennes pour contrôler les déplacements des allocataires, ont été rejetées par le gouvernement, qui n’envisage pas de les soumettre aux députés.
Le ministre a souligné que ces mesures s’inscrivent dans une démarche visant à rationaliser les aides publiques et à éviter les abus, tout en préservant les droits des allocataires légitimes. Le projet de loi sera discuté à l’Assemblée nationale du 24 au 27 février 2026. Cette initiative pourrait apporter des changements significatifs dans le contrôle des prestations sociales en France et suscite déjà un large débat public.








