Shein, Temu, AliExpress… La France veut taxer les petits colis pour contrer l’offensive chinoise

Pour limiter l’invasion des colis chinois en Europe, la France annonce l’instauration de taxes sur les petits colis.

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Colis chinois : voici pourquoi les livraisons de Temu, Shein et AliExpress auront du retard. Crédit : Robert Way/Gettyimages | Econostrum.info

Ce mardi, le gouvernement français a annoncé de nouvelles mesures fiscales concernant les colis en provenance de Chine, notamment via des plateformes comme Shein et Temu. Quatre ministres de Bercy, Eric Lombard, Amélie de Montchalin, Véronique Louwagie et Clara Chappaz, se sont rendus à l’aéroport de Roissy pour présenter ces nouvelles régulations visant à contrôler l’afflux de ces colis à bas prix.

La France, en partenariat avec l’Union européenne, prévoit d’introduire une taxe de gestion qui s’appliquera aux petits colis, principalement ceux d’une valeur inférieure à 150 euros. Selon Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, cette taxe sera à la charge des importateurs et des plateformes, et non des consommateurs, rapporte BFMTV.

L’objectif de cette taxe est de financer les contrôles douaniers renforcés, face à l’augmentation des envois en provenance de pays tiers, principalement de Chine. La mesure devrait entrer en vigueur en 2026 et s’étendre jusqu’en 2028, date à laquelle l’Union européenne pourrait supprimer l’exonération de taxe douanière pour les colis de faible valeur.

Une réponse aux inquiétudes économiques et environnementales

Les autorités françaises estiment qu’une régulation plus stricte est nécessaire pour plusieurs raisons. D’un point de vue économique, les colis en provenance de Chine, souvent vendus à des prix très bas, mettent en difficulté les commerçants européens en leur faisant concurrence déloyale. D’un point de vue écologique, l’acheminement de ces colis génère une empreinte carbone considérable, notamment en raison de l’augmentation des livraisons internationales.

En 2024, 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros sont arrivés sur le marché européen, dont 91% provenaient de Chine. Pour la France, cela représente environ 800 millions de colis, un chiffre qui a conduit les autorités à prendre des mesures pour mieux réguler ce flux.

Les plateformes concernées par les taxes sur les petits colis

Des géants du commerce électronique comme Shein, Temu, et AliExpress sont particulièrement visés par ces nouvelles régulations. Ces entreprises, qui font partie des plateformes chinoises les plus populaires en Europe, ont vu leur volume de ventes exploser grâce à des prix bas et une livraison rapide. Cependant, ces pratiques ont été critiquées pour ne pas toujours respecter les normes européennes et pour contribuer à des pratiques commerciales peu transparentes.

La mise en place de cette taxe sur les colis entrants représente une réponse directe de la France aux défis posés par l’e-commerce transfrontalier. Si ces mesures sont effectivement mises en place, elles permettront de mieux réguler les flux de marchandises et de protéger l’économie et l’environnement. Toutefois, elles risquent de modifier les comportements des consommateurs et d’affecter les plateformes chinoises, qui devront s’adapter à cette nouvelle réalité économique.

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