La France produit trop d’électricité : quelles conséquences sur vos factures ?

En raison d’une surproduction d’électricité, la France se retrouve à payer ses voisins pour leur fournir de l’énergie, mais cela n’impacte pas directement les factures des consommateurs.

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Électricité
Électricité : les prix vont-ils réellement baisser en 2026 ? Crédit : Canva | Econostrum.info

La France fait face à une situation énergétique inédite en 2025 : une surproduction d’électricité liée à une météo particulièrement venteuse et ensoleillée, couplée à un redémarrage rapide de réacteurs nucléaires. Cette abondance d’énergie, bien qu’inhabituelle, n’est pas sans conséquence pour le système électrique, et pourrait paradoxalement avoir un impact sur les factures d’électricité des Français.

Depuis quelques semaines, la France se retrouve avec un excédent de production d’électricité. En raison des conditions météorologiques exceptionnelles, la production d’électricité renouvelable, notamment éolienne et solaire, a largement dépassé la demande nationale. Ce surplus d’énergie est en grande partie dû à un redémarrage anticipé de réacteurs nucléaires, augmentant la production d’électricité sans que la consommation intérieure ne suive. La consommation reste en effet relativement modérée malgré la reprise économique.

Pour écouler ce surplus, la France a été contrainte d’exporter massivement de l’électricité vers ses voisins européens. Ce phénomène a conduit à des prix proches de zéro, voire à des prix négatifs, comme l’explique à La Tribune Jean-Paul Roubin, directeur exécutif de RTE (Réseau de Transport de l’Électricité). Cette situation pousse la France à payer ses voisins pour qu’ils acceptent cette énergie excédentaire, une situation paradoxale alors même que la demande intérieure reste faible.

Des conséquences financières et une frustration pour les consommateurs

Bien que les prix de l’électricité sur le marché de gros se soient effondrés, les factures d’électricité des Français restent élevées. En effet, les prix de gros ne reflètent pas directement ce que payent les consommateurs, car les taxes et les mécanismes de régulation du marché maintiennent les prix élevés pour les utilisateurs finaux. Ainsi, même si la France vend de l’électricité à perte, les consommateurs ne bénéficient pas directement de cette baisse des prix de gros.

Cette situation génère une frustration croissante parmi les Français, qui s’attendaient à ce que les investissements dans les énergies renouvelables et le renouveau du parc nucléaire permettent de faire baisser les factures d’électricité. Or, ce déséquilibre structurel dans le système énergétique européen ne permet pas encore d’en tirer profit.

Des pistes pour réformer le marché de l’électricité

Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une réforme en profondeur du marché de l’électricité. L’une des principales suggestions porte sur l’adaptation des règles aux nouvelles réalités de la production d’énergie, qui est désormais beaucoup plus variable et décentralisée qu’auparavant. En parallèle, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a lancé une réforme du système des heures pleines-heures creuses, visant à mieux profiter des pics de production d’énergie solaire et éolienne en déplaçant certains tarifs avantageux vers l’après-midi, lorsque la production est la plus abondante.

La France se trouve actuellement dans une situation paradoxale : un excédent de production d’électricité qui n’impacte pas directement les factures des consommateurs. Bien que cette surproduction ait permis de soutenir l’approvisionnement énergétique en Europe, elle soulève des questions importantes sur la réforme nécessaire du marché électrique et sur la manière dont les Français peuvent profiter des avantages de la transition énergétique.

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