La maîtrise du déficit budgétaire est au cœur des préoccupations françaises. Face à cette urgence économique, près de six Français sur dix se disent prêts à réduire les aides sociales, signe d’une volonté collective de faire des sacrifices pour redresser les finances publiques.
En 2023, les prestations sociales ont atteint 888 milliards d’euros, soit 31,5 % du produit intérieur brut (PIB). Cette part a augmenté rapidement, avec une hausse de 3,8 % en 2023 contre 1,7 % en 2022. La crise sanitaire de 2020 avait temporairement porté ce taux à 35,4 %.
Parmi ces aides, les minima sociaux représentaient 29,9 milliards d’euros en 2021, dont 41 % pour le RSA, dont le coût s’élève à 12,3 milliards d’euros. Le montant du RSA varie selon la composition du foyer, pouvant atteindre 1 357,70 euros mensuels pour un couple avec deux enfants.
Une majorité de Français favorable à une réduction des aides sociales
Le sondage réalisé par l’institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1 révèle que 59 % des Français souhaitent une diminution des aides sociales pour contribuer à la réduction du déficit budgétaire. Ce chiffre est en légère hausse par rapport à avril 2025, où 56 % des personnes interrogées se disaient favorables.
Cette volonté est largement partagée, hommes et femmes étant quasiment à égalité (60 % des hommes, 59 % des femmes). De façon notable, les populations les plus bénéficiaires des aides — les jeunes de 18 à 24 ans (68 %) et les seniors de 65 ans et plus (65 %) — soutiennent également cette idée. Les catégories socio-professionnelles supérieures (65 %) comme inférieures (60 %) se montrent plus enclines à cette réduction que les inactifs (54 %).
Un clivage politique marqué
Les opinions divergent fortement selon les orientations politiques. Les sympathisants des Républicains (78 %) et du Rassemblement National (74 %) sont majoritairement favorables à la réduction des aides sociales. La majorité présidentielle partage ce point de vue à 72 %, estimant que le système social est trop généreux.
En revanche, 87 % des sympathisants de La France Insoumise rejettent cette idée, et 57 % des électeurs socialistes préfèrent maintenir les aides sociales à leur niveau actuel. Globalement, 66 % des sympathisants de la gauche sont opposés à toute diminution.
Enjeux et perspectives pour le gouvernement
Ce sondage reflète les tensions entre la nécessité de maîtriser les finances publiques et l’attachement à un modèle social protecteur. Le gouvernement, confronté à un déficit important, prépare un plan budgétaire ambitieux visant à réaliser 40 milliards d’euros d’économies. Cette démarche implique un effort collectif qui, selon ce sondage, recueille un soutien majoritaire au sein de la population.
Le débat sur l’avenir des aides sociales reste donc ouvert, entre exigences budgétaires et impératifs sociaux, dans un contexte où les dépenses liées à ces prestations continuent de croître.







