Les Français bientôt contraints de travailler gratuitement 7 heures par an ?

Le gouvernement envisage une nouvelle mesure : l’ajout de sept heures de travail non rémunérées par an pour financer les dépenses liées à la dépendance des personnes âgées. Inspirée de la journée de solidarité instaurée en 2004, cette proposition divise profondément les syndicats et les parlementaires.

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Photo de Catherine Vautrin, ministre du Travail, remet sur le tapis les 7 heures de travail gratuites
Sept heures de travail gratuit par an une mesure polémique au cœur du débat | Econostrum.info

En quête de solutions pour financer la perte d’autonomie, le gouvernement remet sur la table une proposition controversée : instaurer sept heures de travail annuel non rémunérées. L’idée suscite de vifs débats, entre nécessité budgétaire et rejet des syndicats face à ce qu’ils perçoivent comme une injustice sociale.

En novembre 2024, le Sénat avait adopté un amendement visant à imposer une journée de travail supplémentaire, non rémunérée, pour financer la dépendance des personnes âgées. Ce dispositif, proche de la journée de solidarité instaurée en 2004, pourrait rapporter environ 2 milliards d’euros par an grâce à une cotisation des employeurs publics et privés équivalente à 0,3 % de leur masse salariale.

La ministre du Travail, Catherine Vautrin, a ravivé cette idée en janvier 2025, soulignant son potentiel financier pour combler les besoins croissants liés à la perte d’autonomie. Le texte, rejeté en 2024 par l’Assemblée nationale, sera réexaminé en février, relançant un débat sensible sur son impact social.

Une mise en œuvre flexible pour les entreprises

Si la mesure est adoptée, elle pourrait prendre plusieurs formes : une journée entière de travail gratuit, l’annulation d’un jour de RTT, ou encore un ajout d’environ 10 minutes de travail par semaine, relaye Capital. Le gouvernement défend une mise en œuvre flexible, adaptée aux besoins des entreprises. Cette souplesse vise à limiter les résistances, tout en respectant l’objectif budgétaire.

Cependant, cette proposition arrive dans un contexte économique tendu, marqué par une inflation élevée et un pouvoir d’achat fragilisé. Elle suscite donc une vive opposition des organisations syndicales.

Les syndicats s’opposent à l’unanimité à cette mesure

Les syndicats dénoncent une mesure injuste, particulièrement pour les salariés aux revenus modestes. Luc Farré, secrétaire national de l’Unsa, rappelle que les agents publics, déjà non augmentés en 2024, seraient particulièrement affectés. «C’est encore plus vrai pour les agents publics, qui n’ont pas été augmentés en 2024, et à qui on demande de travailler sept heures de plus alors que beaucoup font déjà des heures supplémentaires non payées.», a-t-il déclaré, relaye Capital. De son côté, la CGT souligne que le financement de la dépendance ne devrait pas reposer uniquement sur les salariés, mais impliquer une contribution plus large, incluant d’autres sources de revenus publics ou privés.

Les syndicats critiquent également une décision perçue comme unilatérale, qui ne prend pas en compte les sacrifices déjà consentis par les travailleurs.

Un débat attendu au Parlement

La proposition sera débattue à l’Assemblée nationale en février. Le gouvernement, à la recherche de 30 milliards d’euros pour son budget, semble déterminé à défendre cette piste. Cependant, les parlementaires restent divisés, certains estimant que la mesure est complexe à mettre en œuvre et pourrait ne pas générer les recettes escomptées.

Alors que le vieillissement de la population accentue la pression sur le système social, cette mesure illustre les tensions entre exigences budgétaires et équité sociale. Le débat s’annonce agité, avec des enjeux majeurs pour les travailleurs et les finances publiques.

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