À quelques jours de la rentrée, l’appel au boycott de fournitures scolaires lancé par la CGT vient relancer un dossier social sensible. En plein cœur de la période d’achats, le syndicat braque les projecteurs sur la situation de dizaines de salariés licenciés et laissés sans ressources. Une mobilisation symbolique qui vise un acteur majeur du secteur, le groupe Hamelin.
À l’approche de la rentrée scolaire, la CGT appelle à boycotter les fournitures du groupe Hamelin, l’un des leaders européens de la papeterie. Le syndicat dénonce le sort réservé à 69 anciens salariés de Lecas Industries, une filiale du groupe basée à Nersac, en Charente, liquidée en juin après un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) resté lettre morte. Ces salariés, selon la CGT, se retrouvent sans salaires, ni indemnités, ni accès au chômage, dans une situation d’abandon social complet qui les placent dans une situation très compliquée.
Des marques bien connues visées par l’appel au boycott des fournitures scolaires du groupe
Pour marquer les esprits, la CGT appelle à boycotter les marques du groupe : Oxford, L’Étudiant, Conquérant, largement présentes dans les rayons pour la rentrée. Le syndicat souligne le paradoxe entre une rentrée financée par des aides publiques, comme l’allocation de rentrée scolaire, et l’achat de produits liés à une entreprise accusée d’avoir contourné ses obligations sociales. Le boycott, selon la CGT, vise à rappeler la responsabilité sociale des entreprises face aux engagements pris envers leurs salariés.
De son côté, le président du directoire Éric Joan affirme que Hamelin n’est pas responsable de la situation. Il met en cause une décision de l’Inspection du travail ayant empêché le licenciement de neuf salariés protégés, rendant le plan social inapplicable. Il indique que les indemnités et salaires devaient être pris en charge par les actifs de l’entreprise et le fonds de garantie des salaires (AGS). Selon lui, la liquidation a été une conséquence administrative, et non un choix stratégique du groupe.
Prud’hommes, justice pénale : les salariés contre-attaquent
Sur le plan juridique, 55 salariés sur les 69 concernés ont saisi les prud’hommes pour réclamer les salaires et indemnités dus. Parallèlement, leur avocat Me Ralph Blindauer a engagé une procédure pénale pour escroquerie, estimant que la cessation de paiements est artificielle. Le parquet de Caen a fait appel de la décision du tribunal de commerce, et une nouvelle audience est attendue. Les anciens salariés espèrent obtenir l’annulation de la liquidation et faire respecter les termes du PSE.








