Ford Blanquefort : 230 salariés à nouveau menacés par un plan de licenciement

L’entreprise MMT-B, qui produit des transmissions pour Ford à Blanquefort, prévoit la suppression de 230 postes d’ici fin 2025 en raison d’une baisse des commandes et de la transition vers l’électrique.

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Industrie
Industrie : la France perd plus d'usines qu'elle n'en ouvre, un bilan inquiétant pour 2025. Crédit : Canva | Econostrum.info

L’usine MMT-B de Blanquefort, en Gironde, traverse une crise majeure. Spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses manuelles, adoptées par Ford notamment,  l’entreprise annonce un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui pourrait entraîner la suppression de plus de la moitié des postes. La baisse des commandes de son unique client, Ford, et les difficultés à se diversifier mettent en péril l’avenir du site.

Le 27 février 2025, les salariés ont appris la mise en place d’un plan social qui devrait être détaillé lors d’un conseil social et économique prévu le 13 mars. La direction ne communiquera officiellement qu’à cette date, mais elle a déjà confirmé les grandes orientations du projet.

MMT-B est fortement dépendante de Ford, son principal client. En 2024, l’usine devait produire 100 000 transmissions, mais seules 78 000 ont été fabriquées, soit une baisse de 27 %. Cette tendance devrait s’aggraver en 2025, avec une perte de chiffre d’affaires estimée entre 15 et 18 millions d’euros.

Cette situation s’explique par la transformation du marché automobile. La montée en puissance des véhicules électriques et des boîtes automatiques réduit la demande pour les boîtes de vitesses manuelles, cœur de production de MMT-B.

Un site industriel en déclin depuis le départ de Ford

L’usine de Blanquefort a connu des périodes florissantes, notamment dans les années 1990 où elle employait 3 600 personnes. Mais depuis le départ de Ford en 2019, les effectifs n’ont cessé de chuter. Après son rachat par l’investisseur allemand Mutares en 2023, l’usine comptait encore 700 employés, contre 410 aujourd’hui.

Selon Régis Labasse, représentant du syndicat Force Ouvrière, cette crise résulte de la forte dépendance de l’usine à un seul client et d’un manque de diversification. L’entreprise a tenté de produire des bornes de recharge électriques pour une start-up, mais les volumes restent trop faibles pour compenser la baisse d’activité principale.

Des salariés inquiets pour leur avenir

Avec une moyenne d’âge de 47 ans, les salariés de MMT-B s’inquiètent de leurs perspectives de reconversion. Le plan de départs volontaires devrait être présenté le 13 mars, mais l’absence de nouveaux projets industriels laisse peu d’espoir à un maintien des effectifs actuels.

Les syndicats réclament des solutions pour éviter la fermeture progressive du site. Ils espèrent attirer de nouveaux clients et diversifier la production, mais les perspectives restent incertaines, d’autant que le contrat avec Ford prendra fin en 2027, rapporte France 3 régions.

Une crise qui reflète les mutations du secteur automobile

La situation de MMT-B illustre les défis auxquels sont confrontés les sous-traitants automobiles face à la transition énergétique. La baisse de la production de moteurs thermiques entraîne des restructurations en chaîne, mettant en péril l’emploi dans plusieurs usines françaises.

Le plan social annoncé à Blanquefort est un nouveau coup dur pour l’industrie automobile en France, qui doit accélérer sa transformation pour éviter d’autres fermetures.

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