Entre froid intense et tensions sur les marchés, les prix du fioul repartent à la hausse. Ce dimanche 4 janvier, les ménages les plus dépendants du chauffage au fioul subissent de plein fouet cette conjonction. Une situation instable, alors que l’hiver ne fait que commencer.
Ce dimanche 4 janvier, les prix du fioul connaissent des variations sensibles sur les principales plateformes de distribution. Sur Fioulreduc, le tarif atteint 1 183 euros pour 1 000 litres, contre 1 106 euros la veille, soit +76 euros en 24 heures. Une évolution brutale, liée à la tension sur le marché. Chez Fioulmarket, le prix reste stable à 1 119 euros, tandis que Prixfioul affiche une légère progression, avec un tarif moyen de 1 119 euros, contre 1 118 euros la veille. Ces écarts illustrent un marché sous pression, dans un contexte de forte demande.
Une hausse soutenue par le froid et les marchés pétroliers
Depuis la fin décembre, la tendance haussière du fioul domestique s’explique par deux facteurs principaux. D’une part, les cours du pétrole brut ont progressé en fin d’année, répercutant leurs effets sur les prix de livraison. D’autre part, l’arrivée d’un froid sec et durable sur la France a déclenché une hausse de la consommation, avec des températures négatives généralisées, parfois sous les -10 °C en plaine. Cette combinaison pèse directement sur les tarifs, en particulier dans les zones rurales peu connectées aux réseaux de gaz.
La suite reste difficile à anticiper. Si le froid devrait se maintenir dans les prochains jours, les cours du pétrole brut commencent à reculer. D’après les données de Prixdubaril, le Brent est actuellement coté à 60,75 dollars, et le WTI à 57,32 dollars. Ce recul pourrait modérer la hausse du fioul, mais les effets ne seront pas immédiats, les distributeurs répercutant les baisses avec un certain décalage. En pleine période de chauffe, la demande reste élevée, ce qui pourrait maintenir les prix à un niveau élevé dans l’immédiat.

Le fioul encore très présent dans le parc résidentiel
En France, environ 3 millions de ménages utilisent encore le fioul pour se chauffer. La répartition géographique reste très inégale. Trois régions se distinguent par un nombre élevé de foyers concernés : Aquitaine, Rhône-Alpes et Picardie, qui dépassent chacune les 500 000 logements chauffés au fioul. À l’inverse, des régions comme le Centre, la PACA ou l’Alsace comptent moins de 150 000 ménages utilisant ce combustible, détaille Fioulreduc.

Une carte du fioul marquée par le rural et la périphérie
Le fioul reste majoritairement implanté dans les zones rurales ou peu denses, souvent dépourvues d’alternatives accessibles. L’ouest, le nord et le sud-ouest du pays concentrent encore de nombreux foyers dépendants. Des régions comme les Pays-de-la-Loire, la Haute-Normandie, la Bretagne, la Lorraine et la Poitou-Charentes rassemblent entre 150 000 et 300 000 ménages. Ces territoires figurent parmi les plus concernés par les programmes de remplacement des chaudières au fioul, inscrits dans les objectifs de transition énergétique du gouvernement.








