Les discussions autour de la fermeture des usines Michelin de Vannes et Cholet, qui concernent 1 250 salariés, n’ont pas permis de rassurer les représentants du personnel. À l’issue des négociations sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), les syndicats jugent les mesures proposées insuffisantes. Malgré quelques avancées, ils dénoncent un manque de considération pour les salariés impactés et regrettent l’absence de solutions réellement adaptées aux enjeux de la réinsertion professionnelle.
Les négociations ont permis d’obtenir des ajustements sur les pré-retraites et la mobilité interne et externe, mais ces mesures sont loin de répondre aux attentes des syndicats. Pour la CFDT, la CGT, la CFE-CGC, FO et SUD, les propositions faites par la direction ne sont pas à la hauteur de l’impact humain et social de cette restructuration. La fermeture de ces usines représente un véritable choc pour les salariés, dont beaucoup travaillent dans ces sites depuis plusieurs années et se retrouvent dans une situation d’incertitude professionnelle.
Michelin justifie cette décision par une perte de compétitivité en Europe et une concurrence accrue des fabricants asiatiques. Cette restructuration s’accompagne de fermetures similaires aux États-Unis et en Allemagne, ainsi que de réorganisations en Chine et en Pologne. En parallèle, le groupe a décidé de vendre deux usines au Sri Lanka, poursuivant ainsi une stratégie d’optimisation de ses sites de production.
Une décision qui passe mal chez les salariés de Michelin
Les syndicats dénoncent une fermeture dictée par une logique purement financière, alors que Michelin a réalisé un bénéfice net de 1,9 milliard d’euros en 2024, malgré une baisse de 4,7 % par rapport à l’année précédente. Ils reprochent à la direction de chercher à améliorer sa rentabilité en sacrifiant 1 250 emplois en France, alors même que les salariés ont toujours répondu aux exigences de production du groupe.
Pour les employés des usines concernées, la crainte du chômage de longue durée est bien réelle. Dans ces bassins d’emploi, les opportunités de reconversion sont limitées, ce qui rend la situation d’autant plus préoccupante. L’intersyndicale accuse la direction d’être déconnectée de la réalité sociale et de ne pas mesurer l’impact humain de cette fermeture, rapporte France 3 régions.
Un avenir incertain pour les salariés et les sites concernés
Les syndicats ont jusqu’au 24 mars pour signer le PSE, mais la déception affichée laisse planer un doute sur l’issue des négociations. Ils craignent que cette fermeture ne soit qu’un premier pas vers d’autres restructurations, visant à réduire les effectifs et améliorer les résultats financiers du groupe.
De son côté, Michelin poursuit sa stratégie d’adaptation aux nouvelles dynamiques du marché, misant sur des sites de production plus rentables et une production plus ciblée. Pour les salariés de Vannes et Cholet, l’avenir reste flou. Même si des mesures d’accompagnement ont été mises en place, l’inquiétude demeure quant à la capacité du groupe à proposer des solutions viables pour une reconversion professionnelle réussie.








