Depuis l’attaque menée par Israël et les ripostes de Téhéran vendredi dernier, les marchés du pétrole sont secoués par une agitation sans précédent. Les cours du pétrole ont bondi de 12 %, alimentant les inquiétudes concernant des perturbations possibles des approvisionnements mondiaux.
Cette inquiétude est exacerbée par la menace de l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique au sud de l’Iran, par laquelle transite 20 % du pétrole mondial. La fermeture de ce détroit pourrait provoquer un désastre sur les marchés pétroliers mondiaux, comme l’a averti Elias Haddad, stratégiste chez Brown Brothers Harriman.

Une menace qui pourrait paralyser l’approvisionnement mondial en pétrole
Le détroit d’Ormuz est un point névralgique du transport de pétrole mondial. En effet, cette route maritime est vitale pour les pays producteurs de pétrole du Golfe Persique, qui doivent absolument passer par ce passage étroit pour exporter leur pétrole. Bien que l’Iran n’ait pas encore pris la décision de bloquer totalement ce détroit, la situation demeure tendue. Selon Sardar Esmail Kowsari, député iranien, la fermeture du détroit « est à l’étude » et sera décidée par l’Iran « avec détermination ». Cette déclaration a eu un impact immédiat sur les marchés financiers, avec des analystes prévoyant de lourdes conséquences économiques mondiales si la situation se dégrade.
Même sans un blocage total, la simple menace de perturbation dans le détroit peut avoir des répercussions majeures. En effet, comme l’expliquent les analystes d’ING, la capacité de réserve de l’Opep ne pourrait pas suffire à compenser une telle perturbation, car la majeure partie de cette capacité est localisée dans le Golfe Persique. Toute perturbation, même partielle, dans le détroit d’Ormuz serait donc dévastatrice pour l’approvisionnement mondial en pétrole. Emmanuel Macron a d’ailleurs souligné lors d’une conférence de presse vendredi soir qu’il était nécessaire de « se préparer » à l’impact potentiel sur l’économie mondiale.
Les capacités militaires de l’Iran, notamment ses missiles et ses drones, pourraient perturber davantage cette zone stratégique. Selon Euronews, les missiles iraniens seraient capables de cibler des infrastructures essentielles, comme des oléoducs, des plateformes pétrolières ou des navires commerciaux. Des frappes aériennes ne sont pas à exclure non plus, car elles pourraient neutraliser des équipements de navigation, des radars et d’autres infrastructures cruciales pour le passage des tankers.
Cette crise du détroit d’Ormuz rappelle l’importance vitale de cette route maritime pour l’économie mondiale. En cas de blocage, l’impact serait immédiat et pourrait perturber gravement l’approvisionnement en énergie à l’échelle planétaire.
L’augmentation des prix du pétrole va-t-elle se répercuter rapidement sur les prix à la pompe en France ?
L’ampleur de la hausse future du carburant dépendra largement de l’évolution du conflit. « Le prix à la pompe risque de prendre le même chemin si ce nouveau conflit ne s’éteint pas rapidement » indiquent des analystes. Il faut souligner qu’outre les tensions géopolitiques, deux autres facteurs pourraient accentuer la hausse des prix du carburant dans les prochaines semaines. Le premier est logistique : la capacité des raffineurs et des distributeurs à puiser dans leurs réserves actuelles. Si les stocks sont suffisants, l’effet sur les prix pourrait être différé. En revanche, en cas de pénurie relative, l’ajustement serait immédiat.
De plus, certains opérateurs pourraient être tentés de spéculer, en augmentant les prix sur des stocks achetés à un tarif antérieur plus bas. Le second facteur est saisonnier : l’arrivée des départs en vacances à travers l’Europe. L’augmentation de la demande estivale crée mécaniquement une pression sur les prix à la pompe.
Cette conjoncture souligne la forte dépendance des marchés pétroliers à la stabilité géopolitique, mais aussi l’exposition directe des consommateurs aux événements internationaux. Alors que l’été s’annonce, les automobilistes pourraient donc être confrontés à une envolée des prix du carburant, fruit d’une combinaison d’incertitudes stratégiques et d’une demande croissante.








