Fermeture des agences bancaires : la fin d’un service de proximité qui inquiète les Français

Alors que les banques ferment de plus en plus de leurs agences, la question de l’accès aux services financiers devient de plus en plus cruciale, notamment pour les populations rurales et les personnes âgées.

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Fermeture des agences bancaires : la fin d’un service de proximité qui inquiète les Français. Crédit : Canva | Econostrum.info

Les fermetures d’agences bancaires en France s’accélèrent, bouleversant l’accès aux services financiers pour une partie de la population. Alors que les banques se tournent de plus en plus vers la digitalisation, de nombreux Français, surtout en milieu rural, se retrouvent sans solutions de proximité. Une évolution qui soulève de vives inquiétudes.

Les fermetures des agences bancaires en France sont devenues un phénomène de plus en plus visible, notamment à la suite de la décision de la BNP Paribas de fermer près de 600 agences d’ici 2030, sur un réseau de 1 500. D’autres établissements suivent également cette tendance, comme le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, qui réduisent leur présence dans certaines régions, principalement rurales.

Ce changement est justifié par l’essor des services bancaires en ligne, qui ont réduit la fréquentation des agences physiques. Selon une étude de la Fédération bancaire française et de l’Ifop, seulement 36 % des clients se rendent encore en agence au moins une fois par trimestre, contre 41 % en 2020.

Les conséquences pour les clients, notamment en milieu rural

Ce phénomène, bien que logique d’un point de vue économique pour les banques, laisse de nombreux clients dans l’incertitude. Alain, retraité dans un village de l’Eure, exprime son malaise face à la fermeture de son agence locale du Crédit Agricole : « On est censé faire comment, maintenant ? », s’interroge-t-il auprès de Franceinfo. Comme lui, de nombreux habitants des zones rurales, souvent moins à l’aise avec les services numériques, se retrouvent sans solution bancaire à proximité.

Ce changement affecte particulièrement les personnes âgées qui ont l’habitude de fréquenter régulièrement leur agence pour des opérations simples, comme les virements ou les dépôts de chèques.

Les syndicats et élus locaux montent au créneau

Les syndicats, notamment le SNB CFE-CGC, critiquent cette évolution. Selon Frédéric Guyonnet, son président, bien que les services numériques soient pratiques, certaines situations de la vie quotidienne, comme un dossier de succession ou un achat immobilier, nécessitent un accompagnement humain. « Certes, les clients viennent moins en agences, mais lorsqu’elles ferment, ils sont mécontents. Ils veulent pouvoir pousser les portes de leur banque en cas de besoin », explique-t-il.

« Il y a des moments, au cours de votre vie, où vous ne faites pas les opérations à distance : lors d’une séparation, d’un achat de résidence principale, ou encore d’un dossier de succession. On a besoin d’un conseiller que l’on connaît, d’un véritable contact humain », ajoute-t-il. Les élus locaux, eux aussi, s’inquiètent de cette tendance. Laurent Depagne, maire d’Aulnoy-les-Valenciennes, a protesté contre la fermeture de l’agence BNP Paribas de sa commune, soulignant que les décisions des banques sont souvent prises sans concertation avec les autorités locales.

Pour lui, la question des fermetures d’agences ne doit pas être ignorée par les pouvoirs publics, d’autant plus que cela entraîne souvent la suppression des distributeurs automatiques de billets, compliquant ainsi l’accès à l’argent liquide.

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