Le gouvernement prévoit de réduire le budget 2026 de 40 milliards d’euros. Pour atteindre cette cible sans recourir à une hausse des impôts, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, propose un examen systématique des niches fiscales afin d’en éliminer celles jugées superflues.
La France compte actuellement 467 niches fiscales, pour un coût total estimé à 85 milliards d’euros par an. Ces dispositifs, créés pour soutenir certains secteurs économiques ou favoriser des comportements spécifiques (investissement, emploi à domicile, transition énergétique…), représentent une part importante des dépenses fiscales.
Amélie de Montchalin a annoncé vouloir « supprimer ce qui est inutile », précisant que certaines niches bénéficient à moins de 100 contribuables, voire ne sont plus utilisées. « Si vous avez 10 % de niches en moins, ça fait huit milliards », a-t-elle illustré lors d’une interview sur TF1, sans donner de calendrier précis ni d’exemples concrets. Elle défend une approche pragmatique, visant les niches devenues obsolètes dans un contexte économique transformé.
Des mesures sociales exclues du périmètre
Pour éviter toute inquiétude chez les particuliers, la ministre a clairement indiqué que certaines aides fiscales ne seront pas concernées. Elle cite les dispositifs relatifs aux services à la personne, à la garde d’enfants ou à l’accompagnement des personnes âgées, qu’elle qualifie d’utiles et socialement pertinents.
Cette exclusion répond à une volonté de ne pas fragiliser les familles ou les publics vulnérables qui dépendent de ces aides. La communication gouvernementale insiste sur la dimension ciblée de la réforme, qui ne remettrait pas en cause les politiques sociales.
Réduire les niches fiscales pour ne pas augmenter les impôts
Dans un contexte de discipline budgétaire, le gouvernement réaffirme sa volonté de ne pas augmenter les impôts. La réduction du nombre de niches fiscales devient donc un levier privilégié pour accroître les recettes de l’État sans pression fiscale directe sur les contribuables.
Amélie de Montchalin n’exclut pas que ces économies puissent à terme alimenter des baisses d’impôts généralisées, si les gains budgétaires sont suffisamment importants. Aucune estimation officielle n’a encore été communiquée, mais la démarche s’inscrit dans un cadre de réallocation des ressources.
Prochaines étapes et arbitrages attendus
Les décisions finales seront intégrées au projet de loi de finances 2026, dont les contours seront précisés dans les mois à venir. La révision des niches fiscales s’annonce comme un exercice délicat, mêlant objectifs budgétaires, efficacité économique et acceptabilité politique.
Entre suppression ciblée et prudence sociale, le gouvernement cherche un équilibre qui lui permette de tenir sa trajectoire financière sans compromettre le soutien aux ménages ou à l’activité économique.








