Dans un contexte de forte tension internationale, marqué par les attaques des États‑Unis et d’Israël contre l’Iran et une escalade militaire qui inquiète les marchés mondiaux, les autorités françaises ont tenté de rassurer la population sur la situation énergétique du pays.
Ce mardi 3 mars, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a assuré qu’« il n’y a(vait) aucun risque d’approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l’essence », lors d’un point presse à Bercy, soulignant que la situation était suivie de très près par le gouvernement et les autorités économiques. « Donc ne créons pas un problème qui n’existe pas. On n’a aucune raison de se ruer aujourd’hui dans les stations‑service », a martelé le ministre, appelant à la sérénité face à une crise qui alimente pourtant les craintes des consommateurs et des marchés.
Cette déclaration intervient alors que les cours du pétrole ont fortement augmenté depuis le début du conflit au Moyen‑Orient, avec des prix du baril de brut qui ont brièvement dépassé les 80 dollars, reflétant l’inquiétude des opérateurs face aux incertitudes sur l’approvisionnement mondial. Le gaz naturel en Europe a également connu de fortes hausses, certains contrats à terme grimpant de près de 30 % en début de semaine, selon des données de marché.
Malgré ces tensions, la France dispose de stocks et de moyens logistiques qui rendent toute rupture d’approvisionnement improbable à court terme. À cela s’ajoute un dispositif de suivi quotidien des marchés de l’énergie, sous la direction de M. Lescure à Bercy, avec une cellule de crise dédiée qui scrute chaque jour l’évolution des indicateurs économiques, financiers et énergétiques.
Le gouverneur de la Banque de France, présent aux côtés du ministre lors de ce point presse, a également insisté sur la vigilance des autorités financières face aux développements du conflit, tout en appelant à ne pas anticiper hâtivement des mouvements sur les taux d’intérêt de la Banque centrale européenne.
Une crise géopolitique aux multiples effets économiques
Même si l’approvisionnement en carburants n’est pas jugé à risque dans l’immédiat, les effets économiques de la guerre au Moyen‑Orient sont déjà tangibles. Les marchés financiers ont réagi avec volatilité, les Bourses européennes enregistrant des baisses significatives, notamment à Paris, Francfort et Londres, sous l’effet de la hausse des cours du pétrole et du gaz et de l’incertitude globale sur l’évolution de la crise.
Le principal passage maritime par lequel transitent près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, le détroit d’Ormuz, est désormais sous pression en raison des opérations militaires, ce qui alimente les scénarios de perturbations prolongées sur les flux d’énergie. Ces préoccupations se traduisent par une augmentation des prime de risque intégrées dans les prix, même si les autorités européennes continuent de juger que la sécurité d’approvisionnement n’est pas menacée à très court terme.
À plus long terme, des analystes estiment que si les flux de pétrole ou de gaz étaient interrompus durablement, les prix pourraient fortement augmenter, notamment en Europe, où la dépendance aux importations de GNL rend les marchés vulnérables à des blocages prolongés. Une étude de Goldman Sachs, par exemple, estime que les prix du gaz naturel pourraient presque doubler en cas de perturbation prolongée des navires traversant l’Ormuz.
Pour les consommateurs français, cela signifie que si les risques de pénurie à très court terme sont écartés, les effets du conflit pourraient néanmoins se refléter dans les prix à plus long terme, notamment à la pompe ou sur les marchés du gaz domestique. Face à ces incertitudes, les autorités françaises continuent de surveiller de près la situation, tout en appelant à ne pas céder à la panique ni aux comportements d’achat précipité qui, historiquement, peuvent créer des tensions artificielles sur les marchés locaux








