L’épargne salariale, levier essentiel pour de nombreux salariés, combine avantages financiers et possibilités d’investissement. Ce dispositif en constante évolution attire de plus en plus d’épargnants, notamment grâce à l’essor des placements responsables.
En France, près de la moitié des salariés bénéficient de dispositifs d’épargne salariale. Ce système repose sur deux mécanismes principaux : la participation, obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, et l’intéressement, mis en place de manière volontaire pour récompenser l’atteinte des objectifs. Ces deux leviers représentent respectivement 43,5 % et 46,5 % des montants consacrés à l’épargne salariale.
En plus de ces contributions, certaines entreprises abondent les versements personnels des salariés, représentant 10 % des montants totaux. Les fonds ainsi constitués peuvent être immédiatement perçus ou placés pour une durée de 5 à 8 ans, selon les accords spécifiques, offrant ainsi une flexibilité adaptée aux besoins des épargnants.
Des choix d’investissement diversifiés
Les entreprises mandatent des gestionnaires d’actifs, comme Amundi ou Natixis, qui concentrent deux tiers du marché, pour administrer les fonds d’épargne salariale. Les salariés ont accès à une moyenne de huit supports d’investissement, allant des actions classiques à des fonds diversifiés, monétaires ou obligataires, avec une offre qui tend à s’élargir vers des solutions plus responsables et adaptées aux attentes des épargnants.
Une tendance marquante en 2024 est l’essor des fonds labellisés ISR (Investissement Socialement Responsable). Ces supports, qui privilégient des entreprises respectant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), ont attiré 51 % des investissements cette année. La réforme récente du label ISR garantit qu’aucun fonds ne contient d’actifs d’entreprises engagées dans de nouveaux projets fossiles.
Une transparence encore limitée pour l’épargne salariale
Malgré ces évolutions, le secteur fait face à des critiques concernant le manque de transparence des fonds proposés. Selon l’association écologiste Reclaim Finance, 73 % des produits d’épargne salariale examinés en 2024 contenaient encore des actions de grandes entreprises énergétiques impliquées dans des projets d’extraction de gaz ou de pétrole. Cette opacité complique pour les salariés la compréhension des impacts environnementaux réels de leurs investissements.
L’épargne salariale reste un dispositif performant pour encourager l’épargne et fidéliser les salariés, tout en soutenant la croissance des entreprises. Toutefois, des améliorations sont nécessaires pour renforcer la transparence et garantir des placements réellement responsables, répondant ainsi aux attentes croissantes des épargnants en matière d’engagement environnemental et social.
Avec l’évolution des attentes des épargnants et les engagements croissants des entreprises envers une économie durable, l’épargne salariale est appelée à se transformer davantage pour concilier rendement financier et impact environnemental.