L’assurance vie et l’épargne retraite ont évolué positivement. Les placements des Français atteignent de nouveaux sommets. Selon les données de France Assureurs publiées le 27 juin, les cotisations versées sur les contrats d’assurance vie ont atteint 13,9 milliards d’euros en mai, soit une hausse de 10 % sur un an.
Ce montant constitue un record pour ce mois depuis 2008. Ce dynamisme s’inscrit dans une tendance de fond observée depuis plusieurs mois, renforcée par un environnement économique incertain qui encourage les ménages à privilégier les supports d’épargne jugés plus stables.
En parallèle, les prestations versées par les assureurs, c’est-à-dire les montants rachetés ou versés aux bénéficiaires en cas de décès, ont reculé de 9 % sur un an, pour atteindre 10,2 milliards d’euros, selon France Assureurs. Cette baisse contribue à faire progresser la collecte nette, qui s’élève à 3,8 milliards d’euros en mai.
Ce niveau n’avait plus été atteint pour un mois de mai depuis 16 ans. L’encours total de l’assurance vie continue, lui aussi, de croître. Il atteignait 2 049 milliards d’euros à la fin du mois, contre un peu plus de 2 000 milliards en janvier, franchissant ainsi un seuil symbolique.
Une dynamique soutenue dans l’épargne retraite
Le mouvement d’augmentation de l’épargne ne se limite pas à l’assurance vie. L’épargne retraite connaît également une progression marquée. Les plans d’épargne retraite (PER), lancés en 2019 pour simplifier et unifier les anciens dispositifs, cumulent désormais plus de 100 milliards d’euros d’encours. Ce cap symbolique a été franchi en mai, selon France Assureurs. Plus d’un million de nouveaux contrats ont été souscrits en un an, preuve d’un engouement croissant des ménages pour ce produit à long terme.
Cette progression repose en partie sur les incitations fiscales liées au PER, qui permettent une déduction des versements dans certaines conditions, ainsi que sur la souplesse offerte dans le choix de la sortie, en capital ou en rente. Ces caractéristiques le rendent attractif pour les épargnants souhaitant se constituer une retraite complémentaire. Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, qualifie le PER de locomotive de l’épargne retraite individuelle.
Ces évolutions traduisent un basculement vers une épargne de long terme, dans un contexte d’incertitudes macroéconomiques persistantes. Elles interrogent sur les comportements futurs des ménages : face à l’inflation, à l’instabilité des marchés et à la réforme des retraites, l’arbitrage entre consommation immédiate et sécurisation de l’avenir semble pencher davantage vers la prudence.








