Une étude publiée mercredi 14 mai par l’Insee révèle que 90,5 % des ménages français détenaient au moins un produit financier en 2024, avec une nette préférence pour les livrets d’épargne défiscalisés.
Les livrets d’épargne occupent une place centrale dans le patrimoine financier des Français. En 2024, 86,9 % des ménages disposaient d’au moins un livret, contre 83,9 % en 2021. Le Livret A, premier choix des épargnants, est détenu par 78,1 % des foyers. Viennent ensuite le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), détenu par 39,7 % des ménages, et le Livret d’épargne populaire (LEP), qui concerne 21,5 % des ménages.
Le Livret jeune, réservé aux jeunes de 12 à 25 ans, est détenu par 9,8 % des ménages. Ces produits bénéficient d’une fiscalité avantageuse, ce qui en fait des placements attractifs, particulièrement dans un contexte de taux d’intérêt faibles. Pourtant, un rapport parlementaire pointe une sous-utilisation du LEP, produit à rendement supérieur au Livret A mais soumis à conditions de ressources.
Selon les députés François Jolivet (Horizons) et Jean-Philippe Tanguy (RN), environ 40 % des Français éligibles ne posséderaient pas ce livret, alors qu’ils disposent d’un Livret A. Ce constat soulève des questions sur l’accès à ce produit d’épargne plus rémunérateur pour les classes moyennes et populaires.
La montée en puissance de l’assurance-vie et de l’épargne retraite
Au-delà des livrets, l’assurance-vie séduit de plus en plus, avec 41,7 % des ménages détenteurs en 2024, soit une progression de 15,8 points en vingt ans, rapporte l’étude de l’Insee. Ce placement est apprécié pour sa souplesse, son cadre fiscal avantageux et sa fonction d’investissement à moyen et long terme.
Parallèlement, l’épargne retraite connaît un développement notable. Elle est détenue par 19,1 % des ménages, un record, porté notamment par les plans d’épargne retraite (PER) individuels, collectifs ou obligatoires, créés par la loi Pacte en 2019. Ces produits répondent au besoin croissant de compléter les retraites obligatoires.
L’étude souligne une tendance inverse concernant l’épargne logement. Ce produit, autrefois très répandu, ne concerne plus que 27 % des ménages en 2024, soit une baisse de près de 14 points depuis 2004. Ce recul traduit un désintérêt progressif pour ce placement, possiblement lié à ses conditions et rendements moins attractifs.

Patrimoine immobilier et endettement
Sur le plan du patrimoine global, 61,2 % des ménages détiennent un bien immobilier, majoritairement leur résidence principale (57,2 %). Cette part reste stable. Par ailleurs, 46,5 % des ménages avaient un emprunt en cours en 2024, essentiellement des crédits immobiliers ou à la consommation.
Cette étude met en lumière la préférence des Français pour des placements sécurisés et fiscalement avantageux, tout en révélant des évolutions vers des produits plus diversifiés comme l’assurance-vie et l’épargne retraite. Elle questionne également l’accès aux dispositifs d’épargne rémunérateurs et souligne l’importance d’adapter l’offre aux besoins des différentes catégories de ménages.








