L’ONG Reclaim Finance a publié un rapport ce mardi 15 avril, appelant la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) à faire preuve de plus de transparence sur l’utilisation de l’épargne des Français, notamment les fonds des Livret A et LDDS. Alors que ces placements représentent plus de 150 milliards d’euros et concernent près de 25 millions de Français, l’ONG critique la gestion de ces fonds par la CDC, notamment en matière d’investissements et de votes en assemblée générale.
L’ONG Reclaim Finance, spécialisée dans la promotion de financements durables, exige de la CDC qu’elle détaille de manière plus précise l’utilisation de l’épargne des Français. L’ONG a particulièrement dénoncé le manque de clarté concernant le fléchage de l’épargne des Français, notamment pour les Livret Développement Durable et Solidaire (LDDS). Reclaim Finance souligne l’importance de cette épargne, qui représente une part significative des placements en France, avec une rémunération de 2,4 % actuellement et une encours total dépassant 150 milliards d’euros. Avec 25 millions de comptes et un encours moyen de 5 800 €, les Livret A et LDDS représentent près de 60 % des fonds de la CDC.
Dans ce contexte, Reclaim Finance demande à la CDC de détailler ses investissements, d’améliorer ses engagements climatiques, et de renforcer ses critères de sélection des gestionnaires d’actifs externes, en intégrant les critères scientifiques liés au climat. Selon l’ONG, cela inclut la clarification sur les investissements dans les secteurs fossiles, où des entreprises comme TotalEnergies ou Shell seraient impliquées, rapporte Ouest France.
La CDC défend sa gestion de l’épargne et son rapport d’investissement durable
De son côté, la Caisse des Dépôts et Consignations défend son approche en expliquant que son rapport annuel sur les investissements durables détaille déjà les expositions de ses portefeuilles aux risques climatiques, ainsi que ses votes en assemblée générale. La CDC argue également que ses investissements sont fondés sur la confiance et visent la protection des entreprises dans lesquelles elle investit. Elle précise qu’elle a pris l’engagement de mobiliser 100 milliards d’euros sur 5 ans (2024-2028) pour accompagner la transformation écologique et énergétique du pays. Sur l’année 2024, près de 27,9 milliards d’euros ont déjà été alloués à ce secteur.
La CDC souligne également que moins de 3 % de ses investissements sont gérés par des structures externes, ce qui, selon elle, témoigne d’une gestion exemplaire et transparente. Cependant, face aux accusations de Reclaim Finance, l’organisme public défend sa position en précisant que son portefeuille ne contient que moins de 1 % d’entreprises dont plus de 50 % des chiffres d’affaires proviennent d’activités fossiles.
Une question de responsabilité et de gouvernance
Reclaim Finance n’accepte pas ces explications et insiste sur un manque de transparence concernant la composition détaillée des portefeuilles d’investissements et les gestionnaires d’actifs externes auxquels la CDC délègue une partie de ses fonds. L’ONG critique aussi l’opacité qui contraste avec les efforts de transparence d’autres investisseurs publics en France et en Europe. Selon l’ONG, la CDC doit être plus précise sur ses engagements climatiques et les entreprises qu’elle finance, surtout celles impliquées dans les projets fossiles.
En réponse, la CDC a réaffirmé qu’elle partageait les mêmes ambitions que Reclaim Finance concernant la transformation énergétique du pays, mais qu’elle seule devait décider de la gestion la plus adaptée. Selon l’organisme, ses procédures d’investissement peuvent évoluer au fur et à mesure, comme en témoigne l’intégration récente d’entreprises de défense dans ses investissements, à la suite de décisions gouvernementales.








